Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos: [lu devant l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, dans sa séance du 29 mai 1896] — Angers, 1896

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tache, un grand nombre sont formées par de simples lignes
irrégulières ou régulières, la plupart du temps striées. Les
vases complets en albâlre portaient généralement, un peu au-
dessous du col ou du rebord, une ligne très simple, avec des
sortes de coches du plus gracieux effet. Deux de ces fragments
ont une véritable importance artistique : l'un représente une
main taillée avec beaucoup d'art, ayant tous les caractères
archaïques désirables ; les doigts effilés se détachent admira-
blement avec toutes leurs particularités de la pierre calcaire
sur laquelle ils ont été sculptés : cette main devait servir de
couvercle à un vase quelconque que je n'ai pas et qui lui était
adhérent; elle était brisée en deux morceaux et j'ai retrouvé
le second à huit jours et à plus de 30 mètres de distance du
premier. Le second fragment est l'œuvre d'un grand artiste : il
représente une tête de canard d'un réalisme incroyable et qui
semble encore vivante : la tête était attenante à un corps
d'homme ou de femme, de femme plus vraisemblablement.
J'ai trouvé dans un de ces tombeaux une sorte de vase dont je
ne vois pas très bien la forme qui avait une feuille d'or appli-
quée de chaque côté.

Les hommes de cette époque étaient donc déjà très avancés
dans les arts de la civilisation : leur art préféré, celui dans
lequel ils réussissaient le mieux, était la sculpture, ainsi que je
l'ai déjà dit. J'ai trouvé de cette époque, à plus de 10 mètres
sous terre, des pieds de tabouret en ivoire qui me semblent
étonnants de facture: on n'aurait pas mieux fait dix siècles plus
tard, à quelque époque qu'on doive rapporter ces tombeaux.
Ils représentent tous (j'en ai trouvé sept) un pied d'hippopo-
tame, avec tous les caractères spéciaux aux pieds de ce pa-
chyderme : ils ont été sculptés avec une hardiesse étonnante
et sont au nombre des plus beaux objets que j'aie rencontrés.
J'ai trouvé de même un petit lion en ivoire, long- à peu près
d'un décimètre, d'une expression extraordinaire. Ce lion, je
l'ai vu trouver devant moi dans un tombeau, à plus de six
mètres sous terre, dans les décombres du tombeau qui avait
lm,10 de profondeur, à l'ouest de la quatrième butte d'Om-el-
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