Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos: [lu devant l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, dans sa séance du 29 mai 1896] — Angers, 1896

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Ga'ab. Mais la prouve la plus étonnante de l'art des habitants
d'Abydos à cette époque me semble fournie par deux petits
objets en bois d'ébène. Le premier a été trouvé dans la tombe
du roi Serpent : c'était le haut d'une petite statuette admira-
blement sculptée, avec les seins proéminents, les yeux saillants,
la bouche épaisse et la chevelure partagée en nombreuses
tresses retombant derrière la tète et terminées par une sorte
de tirebouchon des femmes nubiennes. Le type est incontes-
tablement nubien : les femmes Bischaris pourraient offrir des
types semblables avec une chevelure semblable. Le second est
peut-être plus étonnant encore, c'est un morceau de bois qui
faisait sans doute partie d'un coffret et qui a été trouvé dans
le tombeau d'un roi qui s'appelait peut-être Qad. Il est décoré
des deux côtés : du côté intérieur la décoration consiste en pa-
quets de jonc retenus par des attaches; et cette décoration
se trouve de chaque côté d'un espace qui contient une bannière
royale avecl'épervier sur le sommet, soutenue parle signe ka
et ayant dechaque côté le signe de la puissance pastorale passé
dans le signe de la vie. Y a-t-il des caractères dans la bannière,
c'est ce que ne permet pas de voir une toile légère apposée sur
tout ce côté et que l'on reconnaît encore très bien. L'autre côté
est décoré en marqueterie avec des carrés apposés les uns à
côté des autres et formés de deux triangles, et ce qu'il y a
de plus étonnant, c'est que certains de ces triangles sont en
verre émaillé, de couleur riche et éclatante. Ceci ne surprendra
pas quand j'aurait dit qu'à cette époque on savait tailler en
perfection le cristal de roche ; je n'ai malheureusement que
des fragments dont on n'a pu reconstituer un seul vase com-
plet; mais les fragments suffisent ici pour proclamer haute-
ment l'étonnante habileté des artistes de cette époque.

Lorsque les abords de la quatrième butte furent enfin dé-
blayés, j'attaquai cette butte de trois côtés à la fois; mais elle
avait environ 10 mètres d'élévationet le travail n'avançait pas,
malgréle nombre considérable d'ouvriers que j'employais alors.
J'ai dû la laisser incomplètement fouillée, à peu près au quart,
pour la reprendre l'année prochaine, et j'ai interrompu les tra-
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