Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos: [lu devant l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, dans sa séance du 29 mai 1896] — Angers, 1896

Seite: 25
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amelineau1896/0027
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
-r- 25 —

liaeau s'appuie pour prouver l'antiquité qu'il attribue à ses
documents sur un ensemble de faits extérieurs à la question,
lesquels prouvent au contraire une origine remontant à une
époque historique tout à fait connue. Il s'appuie en effet sur
la présence des silex dans les tombes qu'il a fouillées. Les
silex ont été de tout temps en usage en Egypte, les pointes de
flèches barbelées trahissent une époque beaucoup moins an-
cienne qu'on ne le prétend, elles sont l'indice d'une civilisa-
tion beaucoup plus rapprochée de nous, ainsi que notre con-
frère, M. le Dr Hamy, pourra vous le dire avec sa compétence
reconnue. Peu importe que ces silex ou autres objets aient
été trouvés au fond des tombeaux, car la nécropole fouillée a
tellement été bouleversée qu'on ne doit attacher aucune im-
portance à la profondeur de la couche de terre ou de sable
sous laquelle les objets ont été trouvés. Un exemple frappant
fera comprendre cela : pendant les fouilles que j'ai fait exé-
cuter dans le temple de Louxor on a trouvé une grenouille
en caoutchouc comprimé à 20 mètres de profondeur. Évi-
demment cette grenouille ne pouvait remonter à une haute
antiquité. De même les bracelets en silex sont encore en usage
dans le pays : les femmes les portent encore et on les fait
avec le noyau du silex qui contient une matière moins
dure.

« De plus, parmi les monuments qui nous ont été soumis,
qui portent des cartouches, il y en a qui sont datés et cette
date nous ramène vers la XIe et la XIIe dynastie. » — En ce
moment, je protestai contre ce que M. Maspero venait de dire :
je connaissais parfaitement l'existence du cartouche prénom
d'Amenemhat II et je dis que jamais il ne m'était venu à l'idée
de compter ce cartouche parmi les seize bannières royales
dont j'avais parlé. — « Cela est de peu d'importance, continue
M. Maspero, et je passe aux stèles. Ces stèles trahissent en
plus d'un endroit le but que se sont proposé ceux qui les ont
faites : quelques-unes sont gravées à la pointe et sont des
modèles de sculpteur; d'autres contiennent des noms comme
Honit, qui nous reportent à la XIe dynastie. L'arrangement
loading ...