Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos: [lu devant l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, dans sa séance du 29 mai 1896] — Angers, 1896

Seite: 27
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amelineau1896/0029
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
du premier coup la main sur des monuments très importants :
les grands succès se font attendre plus longtemps. I! eût donc
été beaucoup plus prudent de se tenir dans la réserve. Il eût
beaucoup mieux valu trouver la sépulture des rois de lalr° et
de la IIe dynastie, que de vouloir trouver ces vixue; de Mané-
thon : la découverte eût été moins sensationnelle, mais beau-
coup plus importante. »

L'honorable académicien a fait porter ses observations
d'abord sur la généralité des tombes que j'ai fouillées à Om-el-
Ga'ab, puis sur certains points particuliers. D'abord, les objets
trouvés ne sont pas d'une seule époque, il y a mélange : il
faudrait pour affirmer péremptoirement l'antiquité si reculée
à laquelle je fais remonter les monuments découverts trouver
une tombe inviolée. J'admets parfaitement ce raisonnement :
mais parce que les tombes d'une nécropole ont été violées, il
ne me semble pas qu'on doive rejeter en bloc les résultats tirés
des monuments trouvés dans ces tombes. C'est là que la vue
des objets se trouve indispensable. Il peut, en effet, se ren-
contrer que certains objets trouvés dans ces tombes soient le
reste du mobilier funéraire primitivement déposé dans la
tombe, pendant que certains autres proviennent d'ailleurs,
importés dans cette partie de la nécropole par les spoliateurs
à une époque inconnue. Et de fait, c'est ce qui est arrivé pour
les premiers objets. Quant aux seconds, je ne crois pas qu'ils
aient été apportés des autres parties de la nécropole d'Abydos
à Om-el-Ga'ab, d'abord à cause de la distance. Il n'est pas en
effet moralement probable que des monuments aussi lourds,
nécessitant les forces réunies de quatre ou cinq hommes au
moins pour pouvoir être transportés à une petite distance, ou
bien l'emploi des moyens de transport, tels que le traîneau
dont on se servait dans l'antiquité et dont on se sert encore
aujourd'hui, aient pu être amenés de distances assez grandes,
variant entre 200 et 800 mètres, pour le simple plaisir de les
changer de place. Il me semble, au contraire, bien plus vrai-
loading ...