Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos: [lu devant l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, dans sa séance du 29 mai 1896] — Angers, 1896

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semblable et partant plus probable que les spoliateurs aient
brisésur place les monuments qu'ils regardaient comme im-
pies, soit à la suite d'une révolution politique, soit à la suite
d'une révolulion religieuse, peut-èlre des deux. Et d'ailleurs,
il y a une preuve matérielle de la réalité du fait. D'abord les
stèles royales ont été trouvées dans trois tombeaux particuliers
et dans l'un d'eux, au milieu du mur ouest, dans un retrait du
mur peint en rouge, on voyait encore la place destinée à la
stèle, et cette place était suffisante pour recevoir ce bloc de
pierre calcaire, haut d'au moins2m,50. Déplus ce même tom-
beau contenait de petites cases sépulcrales disposées sur trois
côtés, au nord, à l'est et au sud; dans chacune de ces cases
ayant servi à la sépulture, étaient de semblables retraits peints
également en rouge, inégaux et non orientés de la même ma"
nière, destinés aussi à recevoir des stèles, car le peu de pro-
fondeur du retrait ne permet pas une autre destination ; et de
fait ce tombeau m'a fourni quatre des stèles particulières que
j'ai trouvées. D'ailleurs, si l'on voulait appliquer cette même
sévérité de jugement aux objets découverts en Egypte, l'on
ne serait certain que très rarement de l'époque à laquelle ils
appartiennent : on n'a guère trouvé en Egypte que sept ou
huit tombes inviolées, dont quatre ces dernières années. Il
est tout à fait impossible d'espérer qu'on en peut trouver à
Abydos, car c'est bien là que le pillage systématique des
tombeaux a eu le plus d'extension. On est donc réduit pour
connaître l'âge des tombes que l'on trouve aux inscriptions
rencontrées et surlout aux noms des rois : ces noms de rois,
je les ai trouvés, ils sont complètement inconnus, ils n'entrent
dans aucune liste que l'on ait et c'est bien la première fois
qu'on les produit en public. D'ailleurs les objets dont je parle
sont par eux-mêmes assez éloquents pour proclamer haute-
ment leur antiquité reculée.

Certains objets trouvés dans les mêmes tombes, au fond de
la tombe à côté des quelques ossements qui avaient été laissés
en place, notamment les pieds de fauteuil en ivoire, le lion en
même matière et la statuette en bois d'ébène dont on n'a mal-
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