Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos: [lu devant l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, dans sa séance du 29 mai 1896] — Angers, 1896

Seite: 29
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amelineau1896/0031
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
— 29 —

heureusement trouvé que la partie supérieure, accusent une
telle perfection artistique, une telle habileté manuelle à traiter
les matières les plus dures qu'on est littéralement stupéfait en
voyant combien la civilisation qu'ils supposent devait être
avancée. La statuette en bois d'ébène que je considère comme
la plus ancienne des statuettes en bois que l'on connaisse, a
été trouvée dans la tombe du Roi Serpent, pour lui donner le
nom gravé sur sa stèle : la facture m'en semble tout à fait ar-
chaïque. Quant au lion et aux sept pieds de tabouret en ivoire,
ils ont été trouvés dans les lombes recouvertes par le plus
grand des sept ou huit monticules qui composent la nécropole
d'Om-el-Gaab : le travail en est magnifique, accuse une ha-
bileté merveilleuse et un tour de main sùr de lui-même. Le
lion surtout est une pièce extraordinairement habile et cu-
rieuse ; il a été trouvé dans une tombe située à l'ouest de la
grande butte, faisant partie d'une double rangée de tombes
construites côte à côte, parallèles les unes aux autres, sépa-
rées par une toute petite bande de molasse. On avait trouvé
dans cette tombe les objets que l'on y rencontrait d'ordinaire,
c'est-à-dire des silex et de petits bâtonnets en ivoire ou en bois
portant encore à l'une des extrémités des traces de couleur,
sans doute de la préparation dont on se servait pour s'agran-
dir les yeux au moyen d'une substance analogue au kohol,
plus la tête et quelques-uns des grands ossements du person-
nage qui avait été inhumé dans cette tombe. Il me semble
qu'en de telles circonstances je dois de faire connaître les
particularités de la trouvaille afin de mettre en garde ceux qui
pourraient être tentés au seul vu du travail parfait et de l'ha-
bileté artistique que suppose ce petit objet, de l'attribuer à
une autre époque plus rapprochée de nous et partant plus
habile dans les arts. Sans me prononcer définitivement, je
dois dire cependant que je penche plutôt vers la haute anti*
quitéà laquelle nous reportent les stèles royales.Et d'ailleurs
cette habileté dont témoignent ces objets est-elle invraisem-
blable dans une civilisation qui a produit la stèle du Roi Ser-
pent, les vases ouvragés qui nous ont conservé des restes, de
loading ...