Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos: [lu devant l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, dans sa séance du 29 mai 1896] — Angers, 1896

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lions de pots dont on a trouvé des quantités considérables
encore intacts, les uns ouverts, les autres encore lulés et ren-
fermant des objets certainement votifs, tels que ces moulages
do la figure, des entrailles, ou du cerveau, des cornes coupées
près de la racine en bronze et celte petite image du dieu
Épervier sur une feuille de bronze, autant que je puis croire.
Et dans d'autres également scellés et lutés on a trouvé des
objets indécis à moitié consumés par la vétusté, notamment
des sortes de tablettes en terre ou en pierre calcaire recou-
vertes d'une feuille d'or. Un seul jour me donna trois de ces
vases trouvés au milieu de milliers d'autres. Il faut bien avouer
que ces vases contenant des objets égyptiens au premier chef
n'avaient pas été transportés d'autres parties de la nécropole,
ou alors on ne s'expliquerait pas comment les voleurs l'au-
raient pu faire et ne pas les briser pour en savoir le contenu,
car ilsy auraient trouvé des feuilles de cet or qu'ils recherchaient
avec tant d'avidité. Et encore l'eussent-ils fait, qu'ils n'au-
raient pu transporter ces milliers et ces milliers de vases in-
tacts qu'on trouvait rangés par couches superposées. C'est au
milieu de ces vases que j'ai trouvé des fragments de stèles
appartenant à la XIIe dynastie, à la XIXe, à la XXIVe et à la
XXVIe. Ces fragments autant qu'on peut en juger ne sont pas
des stèles de particulier, mais bien des œuvres royales pro-
prement dites. Leur présence en cette partie de la nécropole
d'Abydos s'explique delà même manière : ce sont des œuvres
votives témoignant de la piété des rois envers leurs antiques
prédécesseurs. Il peut parfaitement se faire que, parmi ces
objets portant avec eux la date de leur dédicace, il ait pu s'en
glisser d'autres qui ne portent aucune date : c'est pourquoi le
champ est libre aux hypothèses comme aux jugements se ba-
sant sur la perfection de l'œuvre en elle-même. C'est après
avoir rencontré ces objets et d'autres se rattachant directement
à la légende d'Osiris, comme le naos dont j'ai parlé, que je
me dis qu'il était possible que je me trouvasse en présence du
tombeau d'Osiris lui-même, tombeau qui est encore à trouver.
Une autre preuve que cette partie de la nécropole d'Abydos
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