Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos: [lu devant l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, dans sa séance du 29 mai 1896] — Angers, 1896

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progrès réalisés, des indices indéniables du plus ancien ar-
chaïsme que l'on connaisse. Naturellement ces paroles ne
s'appliquent pas aux objets trouvés à Coptos par M. Flin-
ders Pétrie : je ne les ai pas vus, je ne peux donc penser à eux.
La forme des vases et des ustensiles ouvragés dont je n'ai
malheureusement que des fragments montre une époque où
l'homme ne s'occupait pas encore de la commodité que de-
vaient présenter les objets à son usage. Les ornements sont
tirés en général de la nature : il y a des tiges de roseaux qui
s'élancent avec vigueur, des paquets de jonc liés ensemble,
des coquilles imitées sur la matière la plus dure, d'autres des-
sins que je ne peux décrire parce que je ne sais pas ce qu'ils
imitent. Les animaux ne sont pas absents et aussi les parties
du corps humain, ainsi que je l'ai déjà dit. Et ce ne sont pas là
des fragments trouvés à l'état unique : presque toutes les dé-
corations sont répétées sur des vases de grandeurs différentes
et montrent qu'il y a là un type reçu et usité. Et cela non
seulement sur des pierres tendres, mais sur les pierres les
plus dures qu'on ait jamais taillées. Et c'est sur de semblables
fragments de vases que sont les inscriptions dont je viens de
parler tout à l'heure. D'ailleurs sur le plus grand des vases en
albâtre que j'ai rapportés et qui a 0m,39o de hauteur, il y a
deux signes gravés à la pointe et ces signes ont la même forme
que sur les stèles dont il me reste à parler. Il ne faut donc pas
supposer diverses époques pour ces monuments si différents
de matière et de destination : ils sont bien de la même époque.

Les stèles des particuliers nous offrent certains traits qu'il
semble difficile de ne pas prendre en considération. On a dit
que certaines d'entre elles étaient gravées à la pointe et que
c'étaient des modèles de sculpteurs. J'ai demandé de quelle
stèle il s'agissait et l'on m'a désigné sur la photographie que
je faisais passer au Président de l'Académie des Inscriptions
et Belles-Lettres un fragment de stèle qui se trouvait sur l'une
de ces photographies. J'ai fait observer alors que le monu-
ment n'était pas complet : j'avais trouvé en effet deux frag-
ments de pierre à dessin semblable et ce n'est qu'après avoir
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