Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

comble; j'ajouterai que de toutes les ruines que nous avons explorées,
il en est à peine une ou deux (Saqqarah, Tanis) qui aient aussi bien
répondu à nos efforts. Et pourtant on a bien vite compté les monu-
ments vraiment liors ligne que les fouilles d'Abydos nous ont mis entre
les mains1 ». Ces paroles sont par elles-mêmes assez significatives et,
comme elles ont été imprimées en 1880, à peu près à la veille du jour
où le fondateur glorieux du musée de Boulaq allait quitter l'admirable
collection qu'il avait eu le talent de réunir des points les plus opposés
de l'Egypte, elles étaient en quelque sorte comme le testament de ce
grand homme sur Abydos. Aussi quand je sus qu'on m'avait appelé à
diriger des fouilles à faire sur le sol de l'Egypte et qu'on avait chois1
comme théâtre de ces fouilles la nécropole d'Abydos, je fus tout d'abord
effrayé, et bon nombre de mes confrères l'ont été aussi, à mesure qu'ils
ont appris mes travaux, et ne se sont pas fait faute d'avertir les hommes
généreux qui payaient les frais occasionnés par les déblaiements qu'ils
couraient à un insuccès complet. Fort heureusement que leur générosité
ne s'est pas laissé effrayer par ces avertissements de mauvais augure et
que l'inspection des lieux m'a eu vite détrompé sur la prétendue exhaus-
tion du sol d'Abydos.

En effet, quand j'arrivai à Abydos le 29 novembre 1895, mon pre-
mier soin fut de me rendre compte du domaine qui m'avait été alloué
par contrat passé avec l'administration des fouilles en Egypte ; pendant
trois jours je sillonnai en tous sens la vaste étendue de ruines qui
s'étendait devant moi : les temples, la ville antique, la nécropole, tout y
passa. Évidemment, l'inspection était bâtive, mais elle me parut suffi-
sante pour voir plusieurs choses parfaitement visibles à qui veut les
voir. Les temples ont bien été déblayés, comme l'a dit Mariette; celui de
Ramsès II l'a été scrupuleusement, mais, si les autres l'ont été de môme
aussi scrupuleusement, il faut avouer que les déblaiements doivent être
refaits sur un certain nombre de points, du moins en ce qui touebe le
temple de Séti Ier, la merveille d'Abydos et plus encore la merveille de

(1) Mariette, Catalogue général des monuments d'Abydos, p, vi et vu.
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