Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D'ABYDÔS

IX

n'est donc pas étonnant que dans le dépouillement des richesses histo-
riques renfermées dans le sol de l'Egypte, on n'ait pas du premier coup
employé la méthode la plus scientifique, même alors que ce dépouille-
ment est entré dans la voie historique. Les deux premiers successeurs
de Mariette ont suivi sa méthode, dans le petit nombre des fouilles qu'ils
ont fait exécuter, il n'y a rien à dire de leurs travaux sans éclat, quoi-
que non sans résultats.

En ce moment le temps d'employer cette première méthode est passé,
car dès l'année 1882, dans ses fouilles de Naukratis, l'éminent archéo-
logue anglais, M. Pétrie, a inauguré la méthode vraiment scientifique,
qu'il a depuis lors constamment employée avec des succès et des in-
succès alternatifs, pour ce qui regarde le bibelot, mais avec un succès
constant au point de vue historique. Cet hommage que la justice la plus
élémentaire m'obligerait à lui rendre, quand même il ne me serait pas,
comme il l'est, agréable de le témoigner, ne saurait aucunement m'en-
gager à adopter sans examen les théories que M. Pétrie a cru pouvoir
émettre après les travaux qu'il a su conduire avec une science con-
sommée : il peut y avoir une énorme distance entre l'archéologue en-
trepreneur de fouilles et le philosophe qui ne prend jamais une hypo-
thèse pour une réalité et ne tire des conclusions rigoureuses que de
faits absolument certains. Je ne veux pas dire ici que M. Pétrie est un
archéologue et non pas un savant; loin de moi la possibilité d'avoir une
telle pensée, car il pourrait très bien se faire que mon jugement, si je
l'émettais, fût l'expression d'une erreur et alors ce serait de mon affir-
mation que mes collègues et surtout la postérité pourraient rire à bon
droit : j'explique seulement que l'admiration raisonnée que j'ai pour
l'archéologue n'emporte pas nécessairement mon adhésion à toutes les
théories de l'auteur et de fait je diffère de sentiment avec M. Pétrie sur
un assez grand nombre de points, ce qui lui importe sans doute peu,
niais ce qui m'importe au contraire beaucoup. Depuis M. Pétrie, un
homme s'est trouvé placé tout à coup à la tête du Service des antiquités
qui n'avait fait aucune des études que l'on s'accordait à regarder comme
préparatoires à de si hautes fonctions; mais, comme l'avait déjà fait

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