Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

XI

plètement épuisé avant de passer à un autre site; mais cela ne veut pas
dire qu'on soit obligé de faire d'énormes tranchées on de creuser le
terrain jusqu'à 15 ou 16 mètres, comme l'avaient souvent fait les anciens
habitants d'Abydos, puisqu'il s'agit de fouilles qui ont été pratiquées à
Abydos. Le sondage est de première nécessité, quand l'examen du ter-
rain a montré qu'il pouvait y avoir quelque monument. Pour être utile-
ment employé, le sondage doit avoir une double qualité : d'abord être
assez profond pour atteindre la montagne, comme disentles indigènes,
voulant dire le sous-sol solide de quelque nature qu'il soit. Négliger la
profondeur serait s'exposer à de graves oublis : on en verra un exemple
frappant dans la suite de ce mémoire. D'ordinaire les indigènes savent
très bien discerner quand on atteint le sous-sol ; ils vous disent alors le
mol sacramentel : La montagne, et alors ils passent à un autre endroit :
sous ce l'apport, comme sous bien d'autres, ils sont d'excellents ou-
vriers; mais cependant, il se peut faire qu'ils se trompent soit par igno-
rance, soit par surprise, soit de propos délibéré : par ignorance, lors-
qu'ils n'ont pas été employés suffisamment à de pareils travaux ou
même qu'ils ne l'ont jamais été, car alors ils ne peuvent pas avoir été
initiés à ces phénomènes géologiques dont les vrais fouilleurs indigènes
connaissent tous les secrets; par surprise et de bonne foi, lorsque réel-
lement ils croient avoir enlevé la couche de sable et être arrivés au sous-
sol géologique, mais le cas est excessivement rare; de propos délibéré,
Jorsqu'en fouillant ils se sont aperçus qu'ils avaient rencontré des
objets de valeur, et pour eux la moindre antiquité a une valeur inap-
préciable, et qu'alors la tentation leur est montée au cœur de se l'ap-
proprier et par suite de dire qu'ils sont arrivés à la montagne, courant
la chance que le surveillant occupé par d'autres ouvriers à un autre
endroit autorisera le changement de place sans vérifier lui-même l'état
des lieux. Ce dernier cas est beaucoup plus possible que les précédents,
quoiqu'en réalité il soit assez rare, parce qu'il est très rare de rencontrer
au premier ou presque au premier coup de pioche un endroit où l'on
tombe sur les antiquités recherchées : cependant comme il se peut pré-
senter et que peut-être il s'est présenté en réalité dans mes propres
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