Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

fouilles, j'ai cru devoir le signaler ici. La seconde qualité que doivent
avoir les sondages, c'est d'être assez rapprochés les uns des autres pour
qu'il n'y ait pas possibilité de laisser un tombeau inaperçu. Un tombeau
ne peut avoir moins d'un mètre de long et il est construit dans le sous-
sol qui a été pour cela creusé préliminairement : en admettant donc
pour un moment qu'aucun pli de terrain ne signalerait l'endroit à l'œil
de l'observateur ou du fouilleur, ce qui est très rare et presque impos-
sible à moins d'une antiquité très reculée, il serait de toute impossibi-
lité que la tombe échappât à des sondages faits de mètre en mètre en
quinconce ou en échiquier. Lorsque le sondage ne signale rien à l'at-
tention, on passe; lorsqu'au contraire il descend, comme disent les indi-
gènes, et que le sable fin qu'ils nomment sa/y su,, fort différent du
sable rouge cpii constitue parfois le sous-sol, se trouve toujours sous
leurs mains, alors on fait des fouilles proprement dites et l'on étend des
recherches préliminaires. J'ai loujours fait de la sorte dans les terrains
que j'ai fait réellement fouiller depuis le tombeau d'Aououapta, fils de
Scheschonq Ier, jusqu'à l'endroit où ont monmentanément cessé mes tra-
vaux.

Il se peut que dès qu'une fouille sérieuse est entreprise, après révé-
lation par le sondage, les premières couches de sable enlevées mettent
à découvert des objets ou des fragments d'objets. Les premiers cher-
cheurs d'antiquités ne prenaient que des objets très beaux, négligeant
ceux qui ne leur paraissaient pas assez lucratifs, parce qu'ils n'étaient
pas assez artistiques pour eux, cl par conséquent négligeant les poteries
grossières et les objets fragmentaires. L'idée qu'ils se faisaient de l'his-
toire était fort étroite; il n'y a donc pas à s'étonner (pu; leur esprit mer-
cantile ait été porté vers le lucre el qu'ils aient agi de la sorte. Ils ont
encore même fait pis, si possible. Ils ont recueilli des objets en tous les
endroits où la chasse à l'antiquité était fructueuse sans prendre soin de
désigner le nom du lieu où une chose avait été trouvée, croyant (pie
c'était assez pour eux d'avoir l'objet en main et que peu importait son
origine du moment qu'il avait été trouvé en Egypte; et qu'il avait une
apparence égyptienne. Pour eux l'Egypte, en toutes les périodes de sa
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