Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

à Abydos, à l'exception d'un seul que j'ai acheté pour la collection par-
ticulière de L'un de mes mandants. De ce côté donc, il y a eu progrès.
Mais il y a encore un point sur lequel j'ai suivi les usages de mes pré-
décesseurs immédiats. Je n'ai absolument négligé aucune chose que les
fouilleurs rencontraient parmi le sable qu'ils enlevaient : si je n'eusse
pas agi de la sorte, je n'aurais presque rien trouvé, car malheureuse-
ment, ainsi que je le dirai au cours de cet ouvrage, tous ou presque
tous les objets trouvés étaient fragmentaires. J'ai fait ramasser soigneu-
sement tout ce qui sortait du sable, et j'ai fini par remplir presque toute
une chambre, celle-là même où je dormais, de débris de vases en pierre
dure de toutes sortes : ce sont ces fragments qui me seront le plus utiles
pour faire l'histoire d'une partie de la civilisation en l'époque à laquelle
ils appartiennent. Pour moi, je l'ai déjà dit bien souvent et je le redis
encore puisque l'occasion s'en présente — car une vérité, ou du moins
ce qui me paraît être une vérité, ne saurait être répétée trop souvent et
c'est ici le lieu de répéter le mot célèbre : Ce que vous avez entendu
dans le secret, répétez-le et criez-le dans les places publiques — pour
moi donc l'histoire ne consiste aucunement dans la liste des rois qui
trop souvent ont été les tyrans de l'humanité, dans le récit des batailles
qu'ils ont livrées, des crimes qu'ils ont commis contre l'espèce humaine
et contre les individus, dans la science de dates approximatives ou mal
calculées; tout cela n'est que le cadavre de l'histoire qui alors, si l'on
s'en tient à ces mesquines données, reste un corps sans vie, parce qu'il
n'a plus de nerfs, de muscles, <le chairs et de téguments, parce qu'il ne
coule clans cet ensemble d'ossements aucun sang généreux qui vivifie
le cadavre : il faut en plus, et surtout pour écrire l'histoire des pensées
humaines se développant, montrer comment les premiers hommes ont
su vaincre la matière et tous les obstacles qui s'opposaient à l'obtention
de leur fin, c'est-à-dire la plus grande somme possible de bonheur in-
dividuel pendant leur courte vie, parler des moyens qu'ils ont pris pour
parvenir a cette fin, il faut eu un mot faire disparaître le côté individuel
pour mettre en relief le côté général. La liste des rois et les connais-
sances qu'elle suppose ne doivent être considérées que comme un
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