Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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-NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

XV

rouage important sans doute, mais qui ne doitpas usurper pour lui seul
le nom de la machine et s'enorgueillir comme s'il constituait tout Pap-
pareil. Et encore cette connaissance des souverains n'est-elle point
complètement indispensable, mais c'est un moyen commode pour
mettre de l'ordre dans nos idées : on pourrait très bien en effet s'en
passer sans se soumettre à aucun préjudice, car il y a bien d'autres
moyens pour juger de la chronologie dans le développement des mœurs,
des institutions et de l'industrie humaines; mais elle constitue un moyen
de repère si précieux, parce que si commode, (pie l'homme s'est facile-
ment habitué à la regarder comme indispensable. De plus l'histoire
humaine ne doit pas consister seulement dans la connaissance des
mœurs des grands personnages d'une sociélé, quelle qu'elle soit, niais
encore dans le savoir aussi étendu que possible des coutumes morales
et des mœurs industrielle* de lous les membres de celle société, du
plus petit jusqu'au plus grand. Malheureusement de ces mœurs et de
ces coutumes, pour ce qui regarde spécialement la famille humaine au
commencement de l'époque historique, sa constitution intime, ses
moyens de vivre, de se loger, de se vêtir et beaucoup d'autres choses
qu'il serait fort intéressant de connaître, nous ne pouvons parvenir à
les connaître en Egypte que par l'induction historique dont l'emploi
est toujours fort risqué ou par des comparaisons qui manqueront pres-
que toujours de base solide, qui sont moralement certaines, mais qui
ne peuvent pas l'être physiquement parce que tous les monuments de
cette époque lointaine qui nous feraient connaître les premiers âges
de l'humanité sont irrévocablement détruits : raison de plus pour se
rattacher avec empressement aux plus petits fragments qui peuvent
nous éclairer sur quantité de choses d'une époque que nous ne con-
naissons pas encore ou que nous ne connaissons que fort imparfai-
tement : c'est ce que j'ai fait, suivant en cela le louable exemple de
M. Pétrie et de M. de Morgan. De ce côté donc encore je crois avoir
gardé les véritables traditions scientifiques et m'être efforcé de tirer
des objets découverts la somme la plus grande possible d'utilité.
Les fragments mêmes qui ne m'auraient pas semblé intéressants pou-
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