Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS XVII

excessivement regrettable, car dans la petite pyramide en briques qui
s'élevait sur le sol du mastaba étaient de petites niches dont la partie
supérieure était taillée en forme ogivale, et cela dès la XIIe dynastie : les
dessins qu'en a publiés Mariette sont là pour le montrer1; mais il est
malheureux que nous ne puissions plus vérifier la chose même sur le
monument.

Quant à moi, j'ai soigneusement évité toute destruction, j'ai recom-
mandé à mes surveillants après mes chefs de fouilles et par eux à tous
les ouvriers que j'employais, d'éviter soigneusement toute destruction.
Et de fait, sauf quelques légers accrocs, les ordres donnés par moi et
reçus par mes employés ont été strictement observés. Les monuments
que j'ai découverts peuvent se ranger, sous le rapport de la construction,
en deux parties : monuments dont la forme était connue, monuments
dont la forme était au contraire inconnue. J'aurais pu, sans grand in-
convénient pour la science, autoriser la destruction partielle des pre-
miers pour faciliter les fouilles; j'ai préféré rendre les fouilles plus
difficiles à exécuter et conserver les monuments. Dans cette première
catégorie rentrent tous les tombeaux auxquels il n'y avait accès que par
un puits dont la profondeur variait, mais n'était jamais moindre de
10 mètres environ et atteignait quelquefois 16 ou même 17 mètres. Ces
puits donnaient accès à une, deux ou même cinq et six chambres où les
diverses générations d'une même famille s'étaient donné rendez-vous
dans la mort. Il était bien rare que l'on Lrouvât quelque chose dans le
puits à moins que ce ne fût quelques tètes de canopes brisés, quelques
fragments de stèles ou même quelques stèles entières on quelques
montants de porte, jetés par les spoliateurs en cet endroit, alors qu'ils
évacuaient le tombeau qu'ils avaient pillé autant que cela leur avait con-
venu. Les chambres au contraire, où quelquefois les momies étaient
entassées les unes sur les autres jusqu'au plafond, demandaient à être
soigneusement déblayées et le sable devait être enlevé avec les débris
de toutes sortes. Pour faire ce déblaiement, deux ou (rois hommes, des
plus fidèles, y compris le reis des fouilles, Ouasef Sulib, entraient dans

(1) ïbid.i dernières planches.
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