Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS XIX

avait échappé aux fouilleurs de Mariette, comme indigne sans doute de
retenir leur attention, il y avait deux et quelquefois trois étages de
tombeaux posés les uns sur les aulres, tombeaux des dernières époques
égyptiennes au-dessus de tombes plus anciennes, mais ne remontant
pas au delà de quatre ou cinq siècles, si même, avant Jésus-Christ.
L'entrée des premières était facile à trouver et les hommes y arrivaient
avec une dextérité merveilleuse; niais celle des autres exigeait plus de
travail et pour la trouver on était obligé d'abattre complètement un ou
deux murs de la tombe supérieure. Elles étaient construites en briques
grossières, ne présentaient aucune particularité intéressante d'art ar-
chitectural, se composaient d'une ou quelquefois, mais rarement, de
deux chambres, n'avaient que peu ou point de mobilier funéraire, du
moins il n'en restait que fort peu, et pour trouver les rares bibelots
qu'elles possédaient, il fallait passer au tamis la poussière des cadavres
mélangée à celle du sol. Des secondes, toutes celles où nul indice ne
prévenait de l'existence d'une troisième tombe encore plus ancienne
ont été conservées, mais non pas intactes, car pour savoir s'il y avait un
troisième étage de tombes, il fallait d'abord sonder le sol et par con-
séquent détruire en partie le tombeau. D'ailleurs les tombes plus an-
ciennes n'offraient pas plus d'intérêt que les modernes, quoique le mo-
bilier funéraire fût moins rare. Qu'il y eût deux ou trois étages de tombes
les uns au-dessus des autres, seule la tombe inférieure avait été creusée
dans le sol, les autres étages avaient été entièrement construits en bri-
ques : c'est pourquoi les tombes supérieures ne pouvaient être conser-
vées. Les tombes inférieures ont été par ailleurs entièrement comblées
avec les débris de la terre qu'on enlevait des tombes voisines ou aux
alentours, car les indigènes jettent les débris au premier endroit venu,
quitte à recommencer une fois, deux ou même trois fois, un travail qui
aurait pu être évité avec un peu de clairvoyance. Agissent-ils ainsi par
ignorance ou se rendent-ils compte des conséquences avec leur esprit as-
tucieux? Peut-être les simples manœuvres ne réfléchissent-ils pointà ce
qu'ils font; mais certainement les chefs de fouilles se rendentbien compte
de ce qui doit arriver nécessairement avec un pareil système. D'abord le
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