Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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.NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

ou quatre ouvriers entre ses murs rapprochés et l'on n'aurait jamais pu
parvenir au fond en de semblables conditions. J'ai donc dû employer
une autre manière d'agir ,et faire ce qu'avaient déjà fait les anciens
ouvriers d'Abydos, alors qu'ils avaient creusé le tombeau dans le sous-
sol. Ils avaient déposé les décombres qu'ils enlevaient du sol sur l'un
des côtés qui était occupé par les matériaux extraits : l'autre côté était
resté inoccupé ; après avoir fait exécuter des sondages préliminaires afin
de m'assurer que je ne couvrirais aucun mouvement, je fis déposer les
déblais sur le côté nord, puisque le côté sud était déjà recouvert par des
débris anciens. Sauf cette exception, dans toute la couche qui s'étend
de ce tombeau d'Aououapta jusqu'à l'endroit où j'ai conduit les fouilles,
d'est en ouest, j'ai employé le moyen que j'ai indiqué précédemment.
Présentement, tous les monuments que j'ai mis au jour sont recouverts
par le sable, car le vent a comblé ceux qui restaient béants.

La grande difficulté des fouilles faites dans la nécropole d'Abydos
provient du sable et des éléments. Tant que les éléments sont dans le
calme, le travail avance avec assez de rapidité, si la surveillance est
incessante ; mais, dès que le vent du nord se met à souffler avec quelque
force, et il est bien rare qu'il ne se lève pas après-midi quand il ne s'est
pas levé auparavant, il soulève le sable et remplit les tombeaux au fur
et à mesure que les ouvriers les vident. Quand il souffle en tempête, ce
qui est beaucoup trop fréquent et ce qui arrive en moyenne un jour sur
dix, les ouvriers ont grand'peine à travailler et ils ne font à peu près
rien qui vaille. Je ne parle pas ici des tourbillons dont nous avons eu
cinq ou six pendant la campagne dernière, car en ce cas tout travail est
impossible : l'immense nécropole est balayée par les souffles furieux du
vent qui a bientôt fait de remplir l'atmosphère entière de sable ; en
cette circonstance, les ouvriers ne peuvent faire qu'une seule chose,
se couvrir le visage de leur /où1. Dans les circonstances dont je parle.

(1) Le iob est une pièce d'étoffe ayant au moins o ou 'i mètres de longueur sur environ
0m,6U ou même 0m,80 de largeur que les indigènes portent d'ordinaire sur leurs épaules
en se le passant deux ou trois l'ois autour du cou. Le nom de ce vêtement est, eu arabe,
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