Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

Seite: XXXI
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amelineau1899bd1/0036
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS XXXI

de mes opérations d'Abydos, parce que ce sont eux qui m'ont donné le
plus de résultats imprévus. C'est pendant que je les faisais exécute;1
que j'ai le plus souffert : à un certain moment, vers le départ de M. de
Morgan en sa seconde visite, j'étais presque complètement désespéré :
depuis près de quatre semaines je n'avais absolument rien trouvé, et
j'aurais abandonné les travaux si je n'eusse été soutenu par le secret
espoir d'arriver à faire une découverte importante. Tout le monde au-
tour de moi m'y exhortait. Chaque soir après l'appel des ouvriers, quand
ils s'étaient dispersés, allant chacun vers son humble demeure, les sur-
veillants se réunissaient près de moi et s'apitoyaient sur notre malheur
commun, me suppliant de ne pas dépenser tout mon argent en pure
perle, m'affirmant que, si je les laissais faire, ils me trouveraient ample-
ment de quoi à payer les sacrifices que je faisais au nom de ceux qui
m'avaient envoyé, et chaque soir ils se rendaient à mon obstination peut-
être irraisonnable et irraisonnée. Je leur faisais croire (pie j'étais en-
chanté de ce que nous trouvions, je leur assurais que ces grossières
poteries et les petits fragments de vases brisés par le fanatisme étaient
cent fois plus précieux à mes yeux que les plus beaux objets qu'ils au-
raient pu me trouver. Mais secrètement je ne pouvais me dissimuler
que le désespoir m'envahissait peu à peu, et le moment arriva où je ne
devais pas, me sembla t-il, laisser ignorer plus longtemps la situation
à mes commettants. Or, par un curieux hasard, le jour même où j'avais
exhalé mes plaintes et mon désespoir, on recommença à trouver des
objets, et les deux premiers vases datent de ce bienheureux jour. De-
puis, jusqu'à la fin des fouilles, c'est-à-dire jusqu'au 20 mars, chaque
jour de travail amena la découverte d'objets qui me semblent très pré-
cieux. Il est dès lors facile de comprendre pourquoi et jusqu'à quel
point ces fouilles me sont chères; —ce qui précède s'applique seulement
aux travaux d'Om el-Ga'ab, car ceux qui furent exécutés à El-'Amrah
répondirent de suite aux espérances que je pouvais avoir et les dépas-
sèrent même de beaucoup.

Il v a parmi les objets découverts pendant cette campagne de l'hiver
1895-1896 deux grandes catégories : d'abord les objets qui appartiennent
loading ...