Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

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tré aucun de ces objets qui servent d'ordinaire à dater un monument
ou un objet quelconque, c'est-à-dire aucun cartouche, aucune méthode
artistique trahissant l'époque à laquelle elle avait été employée. Les
tombes elles-mêmes étaient des plus pauvres. Bâties en briques, elles
n'avaient qu'une scide chambre, rarement deux ; dans le dernier cas,
la première des chambres, celle qui servait au culte du double, c'est-à-
dire celle où se rassemblaient les membres de la famille, était très petite,
à peine lm,50 en longueur sur lm,10 ou lm,20 en largeur. Le plafond en
était assez bas et les gens qui y pénétraient devaient s'y tenir accroupis,
à moins de n'être encore que dans l'enfance, ou de n'avoir qu'une taille
toute petite, ce qui ne fut guère le cas si l'on en juge par la taille actuelle .
des habitants d'Abydos. Au-dessus de la porte d'entrée, dans la chambre
même, il y avait parfois une petite niche réservée dans l'épaisseur de la
muraille pour contenir une stèle de petites dimensions. Assez souvent
le plafond était cintré et construit en forme de voûte. La seconde salle
contenait les cadavres. Ces cadavres reposaient quelquefois dans des
cercueils en bois, car on en a trouvé des fragments à demi-rongés par
l'action du sable et de l'humidité; le plus souvent ils ont dû être posés
sur le sol de la tombe, enveloppés des bandelettes réglementaires,
mais sans aucun de ces maillots compliqués dont on connaissait l'usage
ailleurs, et sans doute aussi en Abydos. Il y avait plusieurs cadavres
dans la même salle, et presque point de mobilier funéraire. L'emploi
de la momification pour les cadavres avait été aussi sommaire que pos-
sible, lorsqu'il ne s'était pas réduit à la seule salaison. Le fait est que
pas une seule fois il n'a été trouvé trace de natron. Les bandelettes de
ces toiles n'ont été trouvées qu'en très petite quantité, et toutes les fois
ce n'a été que par très petits fragments, Pas un seul vestige de papyrus.
Au fond, tous ces tombeaux du premier étage avaient été construits en
quelque sorte artificiellement : il n'y avait pas en cet endroit d'éminence
naturelle dans laquelle on ait pu creuser la tombe : il a donc fallu la
bâtir. D'ailleurs le sous-sol d'Abydos n'est pas favorable en cet endroit
à la conservation.

Le second étage de tombes a été bâti sur le premier et, pour parvenir
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