Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

sépulcrales. Les briques qui composaient les murs de cette chambre
avaient été conservées, enduites d'une sorte de couleur jaune-rose, à
ce qu'il m'a paru, mais qui primitivement devail avoir une autre teinte,
et les pierres du revêtement primitif avaient été employées pour faire
les montants des portes ou le pavé. Quelques-unes avaient été taillées
pour former des colonnes rondes : elles étaient en demi-cercle ou en
quart de cercle, et l'on n'avait taillé à nouveau que le côté circulaire,
sans toucher au reste : en mettant ainsi deux de ces pierres, ou quatre,
on obtenait un fût de colonne arrondi. Ce qui me fait reporter jusqu'à
l'époque romaine peut-être la construction de cette seconde tombe, c'est
qu'on y a trouvé une stèle démotique écrite du côté non retaillé et qui
est l'une des plus grandes inscriptions démotiques connues, en excep-
tant les grands décrets des Ptolémées, puisqu'elle contient dix-sept
lignes. On s'était servi d'autres pierres pour former le pavé du nouveau
tombeau, et celles qu'on n'avait pas ainsi utilisées avaient été jetées
pêle-mêle en avant de la tombe, puis recouvertes par le sable dans les
jours de tourmente. Le puits était situé au nord de cette chambre à
l'existence de laquelle je crois et qui devait servir aux réunions de la
famille. Ce puits était profond d'une quinzaine de mètres environ : il
était à peu près carré, quoique l'un des côtés fût au premier coup d'œil
moins grand que l'autre '. Il avait été taillé dans la molasse à peu près
d'équerre, puis il avait été revêtu de briques afin d'éviter les éboule-
ments toujours à craindre en pareil cas. A environ un mètre du fond,
on avait arrêté le revêtement, parce qu'on n'avait plus à craindre d'ébou-
lements. El ce n'est pas là une particularité du puits de Mesmin, c'est
une règle générale. Afin que les ouvriers pussent commodément des-
cendre au fond de ce puits, creuser les salles souterraines et enlever
les débris, on avait creusé du côté nord et du côté ouest, presque à
l'intersection des deux murs des endroits pour appuyer les pieds des
ouvriers qui devaient descendre et de ceux qui devaient enlever les
décombres. C'est encore de la même manière qu'ont agi les ouvriers

(I) J'ai par mégarde égaré les mesures que j'ai prises de ce tombeau.
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