Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 11

pour opérer le déblaiement, et parmi les décombres ils ont trouvé la
parlie supérieure de la stèle que s'était fait faire le grand prêtre d'An-
hour, Mesmin.

Les excavations souterraines avaient porté sur cinq chambres d'iné-
gales dimensions, dont la partie supérieure et les murs est et ouest, de
l'excavation totale n'avaient pas été terminés. De ces cinq chambres, qua-
tre étaient destinées à recevoir le mobilier funéraire qui, s'il était consi-
dérable, a dû disparaître au moment de la spoliation, car il ne restait plus
que des fragments de statuettes et quelques vases très grands. Ces
chambres étaient orientées, la première, celle où l'on entrait par la porte
au fond du puits, du nord au sud, les quatre autres d'est en ouest. La
quatrième l'enfermait le couvercle d'un grand sarcophage de forme an-
thropoïde : la cuve avait été brisée et les morceaux remplissaient les
chambres voisines et aussi celle-ci. La matière du sarcophage, autant
qu'il m'a semblé dans l'obscurité qui m'environnait, était de granit. Je
suis en effet descendu dans le puits et les chambres, non pas comme les
indigènes, mais grâce à une échelle faite avec une corde de saqieh re-
tenue par en haut et jetée dans le puits. Elle adhérait presque à la paroi
du puits et, comme je ne suis pas un très fort gymnaste, j'avais toutes
les peines du monde à trouver les échelons qui étaient loin d'être équi-
distants. Je me trouvai malgré tout au fond du puits et j'entrai dans les
chambres où tout était dans le plus grand désarroi. Les spoliateurs
après avoir fait leur choix parmi les objets qu'ils pouvaient emporter,
parce qu'ils pouvaient leur être utiles, ont brisé tout le reste avec une
fureur extraordinaire. Et cependant il y avait de bien jolies choses. C'est
alors que je constatai, par les irrégularités de l'excavation, que les
tombes semblables ne pouvaient en rien être comparées à celles de la
nécropole thébaine, par exemple : la molasse n'est pas faite pour rece-
voir des sculptures, ni même des peintures, et il n'y avait pas trace de
revêtement. Donc les pierres que j'avais trouvées en haut du puits appar-
tenaient à une autre partie du tombeau qui était parfaitement accessible
à tous ceux qui voulaient aller rendre leurs devoirs au Double de Mes-
min.
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