Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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*- NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

Le sarcophage, qui devait être fort lourd, n'avait pas été introduit par
le puils, mais J)ien par une sorte d'escalier primitif taillé dans la mon-
tagne, d'est en ouest. Lorsque je descendis dans le tombeau, le déblaie-
ment de la cinquième chambre n'avait pu être l'ail parée qu'on sélait
aperçu que le sable arrivait de l'extérieur à mesure qu'on l'ôtait de l'in-
térieur, et, malgré toute la bonne volonté qu'ils y mettaient et l'endu-
rance qu ils y apportaient, je ne pouvais songer un seul moment à faire
déblayer cette cinquième salle en de pareilles conditions. Je chargeai
donc les ouvriers d'enlever le sable en dehors du tombeau, à peu près
vers l'endroit où devait se trouver la crevasse qui laissait entrer le
sable dans cette chambre du tombeau. Après une demi-heure environ
de recherches ils trouvèrent une tranchée dans là montagne; elle des-
cendait régulièrement jusqu'à la profondeur nécessaire pou r entrer dans
la chambre susdite. Mais on n'avait aucunement eu besoin de faire un
long escalier, d'abord parce que la montagne à l'endroit où on l'avait
commencé était beaucoup plus basse que le niveau du puils, 3 mètres
environ, et que les marches de l'escalier qu'on trouva bientôt étaient très
hautes. La largeur de la tranchée était assez grande pour qu'on y pût des-
cendre le sarcopliage, à en juger par la partie qui avait survécu à la des-
truction, et alors l'utilité de cet escalier primitif m'appnrut: c'est par là
que le sarcophage avait été descendu dans la tombe. S'il y avait été des-
cendu, il pouvait en être remonté : je donnai l'ordre à cinq ou six reprises
différentes et jamais on ne h; voulut exécuter; on me renvoyait toujours
au lendemain, et le lendemain apportait toujours quelque motif de dila-
tion. Au fond nous manquions de cordages : le morceau était très lourd
et la hauteur très grande relativement et presque à pic : les ouvriers
craignaient sans doute que les cordes de la saqieh ne résistassent pas
et qu'il n'y eût quelque accident. Le couvercle de ce sarcophage est
donc resté dans le tombeau d'où le feront sortir les fouilles de l'année
prochaine, où j'aurai avec moi les instruments nécessaires. Il va sans
dire que le cadavre n'a pas été retrouvé, ni vestige de cercueil si petit
que ce soit: tout avait disparu, car tout ce qui avait été susceptible d'être
incendié avait été brûlé.
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