Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 25

3 et le 4 janvier. Dans le premier qui portait le n° IV, les trois premiers
numéros ayant été attribuées à celui de Mesmin, au tombeau situé au sud
du premier et à celui où l'on n'avait rien rencontré qu'un bloc de pierre
montrant que les ouvriers l'avaient abandonné sans l'avoir achevé, on
fit une constatation assez singulière. Ce puits avait une ouverture consi-
dérable jusqu'à une certaine profondeur, 2 mètres environ; puis il se
partageait en deux, caril existait un mur taillé dans la montagne et recou-
vert à sa partie supérieure d'un petit mur en briques, consistant en
quatre lils superposés. Le premier compartiment déblayé de ce puits en
double donnait entrée sur une seule chambre située au sud. La chambre
explorée, on constata que les spoliateurs y avaient déjà passé, qu'ils n'y
avaient rien laissé après eux, sauf une jolie tète de canope peinte en
bleu et recouverte d'une feuille d'or. Les ossements du cadavre n'avaient
pas été épargnés, à peine si l'on eu put retrouver deux ou trois. Près de
la tête de canope était un vase en terre grossière. Le second compar-
timent du puits n° IV montra la mêmespolialion. 11 contenait également
une chambre située au sud, ce qui montre que le mur de séparation
partait du nord pour aboutir au sud. La chambre ne contenait qu'un très
grand sarcophage en bois, d'une épaisseur vraiment extraordinaire, dont
le couvercle était en dos d'âne. Le sarcophage avait été brisé à l'une
de ses extrémités, peut-être à la tête, pour permettre d'en arracher la
momie qui était sans doute dorée, car dans un vase trouvé à l'intérieur
du sarcophage, il y avait des fragments dorés, lesquels provenaient
bien d'une enveloppe recouvrant la momie. Ce sarcophage se composait
primitivement de onze pièces : d'abord le fond qui était fait d'une seule
planche de bois de sycomore; de chacun des grands côtés s'adaptait
par un tenon dans une rainure la première moitié des côtés, sur laquelle
venait se poser la seconde maintenue avec la première par un tenon
s'enfonçant dans la mortaise. A chaque extrémité des côtés et du fond,
le bois était travaillé d'une manière spéciale : on y avait fait ce que
les ouvriers du bois appellent actuellement queue d'aronde, dans les-
quelles des tenons travaillés aussi d'une manière spéciale et correspon-
dante venaient s'emboîter, ce qui rendait l'assemblage très solide. Le
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