Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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20 NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

couvercle en dos d'âne se posait à plat sur les côtés : il était fait d'une
seule pièce de bois comme le fond, évidée dans la partie inférieure, et
taillée en dos d'âne à la partie supérieure; il n'avait et ne pouvait avoir
aucune cheville. Pour le retenir, on avait imaginé de placer par-dessus
à chaque extrémité une pièce de bois rectangulaire qui avait été évidée
de manière à le recouvrir et à le dépasser. De la sorte, on avait pallié
les inconvénients qui auraient résulté de la vue du couvercle se posant
à plat sur les côtés et laissant visible l'ouverture provenant de l'évide-
ment. Telle qu'elle se présente à la vue, cette forme de sarcophage est
tout à fait massive, peu élégante et sans autre beauté que celle de sa
masse. A l'intérieur et à l'extérieur, il avait été entièrement recouvert
d'un vernis noir. La décoration n'existait point à l'intérieur, et celle de
l'extérieur consistait seulement en deux lignes blanches tracées parallèle-
leinent sous le couvercle, descendant perpendiculairement à chaque
extrémité des côtés, des grands et des petits. Le milieu des grands côtés
était aussi décoré par des lignes verticales faites de la même manière
et de même couleur. Les lignes parallèles contenaient des inscriptions
verticales ou horizontales selon les cas. Ces inscriptions sont presque
complètement illisibles par la cause suivante : quand les spoliateurs
eurent terminé leur œuvre de destruction et de vol, ils mirent vraisem-
blablement le feu au sarcophage ou près du sarcophage. La chaleur
de l'incendie fit craquer le vernis, en désagrégea les couches et trans-
porta les hiéroglyphes d'une manière très inégale d'un côté et d'autre,
une partie en avant du signe, une partie en arrière, si bien que le tout
n'offre plus qu'une sorte d'inscription informe. .Mais, comme l'incendie
s'éteignit de lui-même, les ravages dont il fut la cause furent peu consi-
dérables pour ce qui regarde particulièrement le sarcophage.

De quel âge dale ce monument ? C'est ce que rien ne permet de savoir di-
rectement. S'il fa liait entièrement localiser l'emploi des hiéroglyphes cou-
pés parla moitié,nous aurions ici une preuve irréfutable qu'il remontait

à la XIIe dynastie, où les et lesf sont réduits à leur partie supé-
rieure, comme dans les monuments qui ont été découverts à Dahchour*;
(1) J. do Morgan, Fouilles à Dahschour, I, p. 101-106.
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