Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 31

dans plusieurs autres lombeaux ouverts précédemment et dans lesquels,
certainement, on n'avait pas allumé d'incendie. D'où provenait le
charbon de bois? Sans doute on avait fait dans les tombes dont je parle
la cérémonie décrite par M. Maspero d'après le tombeau de Montouhi-
khopesehef1 : du moins c'est ce qui parait assez vraisemblable. Ce même
tombeau me fournit encore toute une série, petite à la vérité, d'objets
semblables, à savoir, des pectoraux en terre émaillée; ces pectoraux
étaient la plupart brisés, mais il yen avait d'intacts. Les scarabées ou
les cœurs qui se plaçaient au milieu des pectoraux ont aussi été trouvés,
mais non pas tous, plus un bâton de collyre (?) pour les yeux, ce qui est
loin d'être certain.

Un fait touchant me fut révélé par l'examen de l'une des chambres où
il y avait un assez grand nombre de cadavres sur lesquels on ne trouva
absolument rien que de légères feuilles d'or de très petites dimensions.
Parmi ces cadavres était celui d'une petite fille que ses parents n'avaient
pas voulu laisser partir pour l'autre monde sans la munir au moins d'un
scarabée et d'un autre amulette, voulant préserve]' leur petite enfant
des dangers du grand voyage. Pauvres gens !

Le tombeau n° XVIII ne fournit autre chose que quatre petits sujets
en terre vernissée, très habilement et très délicatement faits. Les travaux
furent arrêtés le 13 janvier et ne furent repris que le 28 février en cette
partie de la nécropole. Il restait encore trois puits à fouiller. Je tenais
beaucoup à la faire finir, car pendant mon absence de la fin de décembre
1895, en déblayant la partie supérieure des puits, on avait trouvé un
vase en verre émaillé de la plus grande beauté, quoiqu'il fût de petite
forme. J'aurais voulu trouver d'autres vases semblables et je fis faire des
recherches en ce sens; malheureusement je ne trouvai que des frag-
ments, mais des plus intéressants. C'est pourquoi je fis ouvrir les trois
puits commencés déjà depuis longtemps. Ces puits, les nos XIX, XX et
XXI donnèrent un certain nombre d'objets rituels, mais non pas en verre
émaillé : deux vases en albâtre, des statuettes en grand nombre, des
têtes de canopes, des fragments de statuettes, etc. Tous les tombeaux

(1) Mémoires de la Mission française permanente au Caire, tome V, fasc. III.

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