Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D'AliYUOS 03

petits, les autres grands, les uns ventrus, les autres allongés, les uns
accusant une façon très soignée, les autres au contraire la négligence
apportée à son ouvrage par le potier, ou bien son inexpérience. La tota-
lité des buttes d'Om el-Ga'ab en contenait au moins une dizaine de mil-
lions. Les habitants d'Abydos, du moins les chrétiens, car je n'ai pu
réussir à savoir si les musulmans faisaient de même, quoique cela
soit bien probable, avaient et ont encore l'habitude de se rendre en
pèlerinage à cette partie de la nécropole d'Abydos, le jour du vendredi
saint, et de remporter avec eux dans leurs maisons de petits vases qu'ils
donnent à leurs enfants comme jouets. On en fait môme le commerce.
D'ailleurs j'ai pu moi-même constater le fait bien souvent pendant le
temps qu'ont duré les fouilles: chaque soir un grand nombre des en-
fants que j'employais remplissaient leurs couffes de ces petits vases qu'ils
avaient rencontrés intacts, et, quand je leur demandais pourquoi ils em-
portaient ainsi ces vases, ils me répondaient que c'était pour les donner
ou pour les vendre comme jouets. En effet, ils ne peuvent guère servir
à autre chose: ils sont trop pauvres et trop vieux pour garder de l'eau
ou des liquides, ils ne peuvent garder que du sable, de la terre ou des
objets solides. Dès lors, il est facile de comprendre qu'on puisse les
donner aux enfants pour - amuser. Ce commerce paraîtra sans doute
bien extraordinaire à nos habitudes et à nos idées ; mais le lecteur ne
doit pas oublier que les fellahs d'Abvdos, comme tous les fellahs de
l'Egypte, ne sont que de grands enfants qui ont tout juste de la civilisa-
tion les goûts primitifs des anciens habitante de la vallée du Nil, qui
n'ont pas fait de progrès depuis des milliers d'années et qui ne sont pas
près d'en faire, à moins que l'on ne s'occupe d'eux, ce qui n'arrivera
sans doute pas tout de suite.

Les poteries grossières de terre rouge et mal cuite, rappelant celles
qu'on ramasse autour des tombeaux de la nécropole memphite, ne sont
pas les seules qu on trouvât à la suriace du terrain d'Om el-Ga'ab :
il y avait en plus des fragments de vases en pierre dure semés sur
presque toutes les parties de la nécropole, sans compter des fragments
de granit, beaucoup plus rares à la vérité, mais qui, cependant, devaient

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