Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

Seite: 65
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amelineau1899bd1/0104
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
NOUVELLES FOVILLES D'ABYDOS

65

rouge, entières ou cassées : rien ne faisait supposer qu'on dût trouver
des antiquités sous ces décombres, sinon l'aspect des décombres même,
et il pouvait très bien se faire qu'il n'y en eût pas.

Cette première butte était suivie, en allant vers l'ouest, d'un second
plateau long de 261 mètres, jusqu'à la quatrième butte. Avant cette qua-
trième butte en existaient deux autres, dont la seconde commençait à
229 mètres de la première après le premier plateau: à elles deux, sans
compter la distance qui séparait la troisième de la quatrième, distance qui
était de 12m,88, elles n'avaient que 20 mètres environ de longueur, encore
dans ce chiffre est mesurée la petite vallée qui existait entre les deux. Au
fond, comme les fouilles devaient me le montrer, ces deux buttes, la
seconde et la troisième, étaient formées par les pots et le sable qui ca-
chaient plusieurs tombeaux, trois ou quatre au plus. La largeur totale
du plateau était égale à la largeur de la première bulle, soit 51 mètres
environ. L'aspect du plateau était complètement désolé, on ne voyait
partout que la montagne, à ce qu'il semblait, et en" quelques rares en-
droits du sable. Jamais il ne serait venu à la pensée que sous cette appa-
rence trompeuse étaientdes tombes très importantes pour l'histoire de
la civilisation, et cependant il en existait, et des plus curieuses. Seules,
les deux buttes à l'extrémité sud du plateau étaient couvertes de vases
et de débris de vases et avaient l'aspect de la première : surtout le pla-
teau, pas la moindre apparence de poterie rouge.

La quatrième butte avait 73 mètres de longueurel 173m,50de largeur;
elle avait 8 ou 9 mètres dans sa plus grande hauteur environ'. Elle
était entièrement formée de pots en terre rouge de toutes formes, de
toutes dimensions, amoncelés les uns sur les autres, depuis des siècles,
et maintenus dans un état de solidité qui nécessita l'emploi de la hachette
dont se servent les fellahs a cause du sable qui s'était glissé dans les in-
terstices des pots2. Je ne me tromperai pas beaucoup, je crois, en éva-

(1) Pour la moine raison qui' plus haut.

(2) Le nom de la liaclielle employée est en arabe 4>j^J>, cequi nous donne le mot copte
Tlopc en dialecte thébain, TOjpi en dialecte memphitique. Par conséquent, c'est bien ha-
chette ou hache qu'il faut traduire ce mot, et non pas hoyau ou houe. Le fer est de petite
dimension, le manche à peine plus long que le fer.
loading ...