Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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66 NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

luantà près de huit millions le nombre des vases entiers ou fragmentaires
qui avaient formé cette colline. Elle était en cet état depuis des siècles et
des siècles, car, comme je le dirai plus loin, elle n'avait été fouillée au
commencement du vie siècle de notre ère, que dans son milieu, ainsi
qu'il est facile de le comprendre après coup. Sur le sommet de cette
butte et précisément sur la partie déblayée autrefois par les spoliateurs,
apparaissaient à l'état sporadique des fragments de granit rose, de gra-
nit noir, de vases de toute pierre dure qui promettaient beaucoup. Ce
fait se pouvait observer si l'on remarquait la cuvette, existant au mi-
lieu de la butte, plus rapprochée de l'ouest que de l'est, où le sable do-
minait sans aucun fragment de poterie en terre rouge. Cette cuvette
était naturellement plus basse que les parties de la butte où elle avait
été creusée, et c'est cette différence de niveau et cette composition di-
verse qui m'ont fait dire que cette partie médiane avait été fouillée jadis
sans qu'on eût touché aux autres parties de la butte. A son extrémité
sud, cette quatrième butte descendait doucement pour finir par être
de niveau avec les plateaux environnants où se faisaient voir des renfle-
ments de terrain recouverts de ces mêmes poteries rouges.

Derrière cette butte, en suivant l'axe vers l'ouest, était un second
plateau long de 103™,05 et large de 147m,15. L'aspect du plateau vers le
nord-ouest témoignait qu'on y avait fait des fouilles récentes, mais sur
un très petitnombre de tombes où j'appris plus tard (pie l'on avait trouvé
des vases en pierre dure que l'on avait ensuite revendus au Musée de
Gizèh ou je les avais vus. Peut-être avait-on essayé de faire des fouilles
clandestines dans les autres endroits; mais la profondeur de la couche
de sable rencontrée avait effrayé ceux qui devaient les conduire à bonne
fin. En tout cas on ne s'était pas douté (pie les plus grands tombeaux de
cette partie de la nécropole se trouvaient en cet endroit, je veux dire
les plus grands tombeaux que j'aie déblayés jusqu'à ce jour, car ce qui
me reste encore à déblayer peut parfaitement me montrer des tombes
plus grandes. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'à part les légers monti-
cules de terre, de décombres et de sable provenant des fouilles récentes,
tout le plateau était uni et non parsemé de fragments ou de vases entiers
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