Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

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à la spoliation et à l'incendie des tombes avaient cette position. Dès que
je fus averti du fait, je donnai des ordres pour que, le cas échéant, on
laissât le squelette en place afin que je pusse, de nies propres yeux, cons-
tater la position qu'il occupait; niais le malheur voulut que de toutes
les autres tombes qui furent ouvertes par la suite, aucune ne renfermât
d'ossements. Je n'ai donc pas vu moi-même les squelettes occupant
celte position dans la nécropole d'Om el-Gaab, et j'enregistre ici le fait
qui m'a été signalé par mes ouvriers et mes surveillants. Je sais fort bien
qu'en agissant ainsi, je m'expose à des critiques malveillantes; mais
je passe outre, parce que je dis ce qui est et non ce qui n'est pas. D'ail-
leurs quel inlérêt aurait-on eu à me tromper? Aucun. Qu'est-ce que
cela pouvait bien faire aux indigènes d'Abydos que les corps de cette
partie de la nécropole fussent inhumés dans telle ou telle position: cela
ne les rendait ni plus riches, ni plus savants ; ils y étaient habitués, car on
trouvait des squelettes en cette position ailleurs que dans la nécropole
d'Abydos; le fait ne les avait pas surpris et ils ne me l'avaient même pas
mentionné, car ce ne fut que d'une manière tout à fait incidente que je
l'appris quand il était trop tard. Peut-être avaient-ils entendu parler des
fouilles que M. Flinders Pétrie en 1893 fit à Neggadeh, car tout se sait en
Egypte; mais certainement ils ignoraient les conclusions qu'on en peut
tirer cl, quand plus tard, je fis exécuter des fouilles à El-'Amrah pour
trouver précisément des squelettes dans cette position, ils ne me ména-
gèrent pas les avertissements en me disant que cela ne valait rien, pas
même une piastre, que personne ne voudrait acheter ces ossements et
entre eux ils déploraient mon aveuglement et mon obstination, car ils
voulaient trouver quelque chose pour me faire plaisir, et la simple trou-
vaille d'une perle valait à leurs yeux les vingt squelettes que j'ai ramassés
à EI-'Ainrab. Us ne comprennent rien à nos raisonnements, à nos induc-
tions et même à nos observations scientifiques les plus simples: pour
eux, il est bon de trouver ce qui a une valeur, ce qui peut se vendre une
piastre, une guinée ou vingt livres turques, mais de ce qui ne s'achète
pas ils n'ont pas le moindre souci. Dans ces conditions, — et ce que je
viens de dire est réel, sans la moindre exagération — quel intérêt au-
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