Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D'AVYDOS 89

avait apporté à l'édification de ce tombeau, on sentait que le personnage
inhumé après sa mort avait été pendant sa vie un plus riche, partant un
plus grand personnage. Il était orienté du nord au sud. Du côté de
l'est, le mur avait été détruit sur une assez grande dimension; du côté
ouest et nord il était intact; du côté sud, il avait également en partie
subi la destruction. Les dimensions de cette tombe étaient de 8 mètres
de longueur, sur 4m,75 en largeur et il n'avait pas moins de 3"',20 (le
profondeur. Il avait donc fallu enlever plus de 115 mètres cubes de
sable dans des conditions très pénibles, puisqu'il n'y avait pas de porte,
par conséquent pas d'escalier.

A voir les murs de brique dans la partie supérieure, on aurait cru
que les constructeurs ne s'étaient pas servis du crépissage en terre, car
il n'y en avait pas vestige; mais, à mesure que l'on descendit en pro-
fondeur, le crépissage reparut et il était bien tel que je l'avais observé
précédemment. Ce tombeau présenta un phénomène curieux dont je
dois ici parler : la colline qui le surmontait était formée, je viens de le
dire tout à l'heure, de débris de poteries rouges et de sable aggloméré,
et ces débris avec le sable se retrouvaient à l'intérieur du tombeau
jusqu'à 1 mètre ou lm,10 de profondeur; à partir de cette profondeur,
du sable et rien que du sable, ce que les indigènes appellent le sable
vierge et qu'ils sont très heureux de rencontrer, car la présence d'une
semblable couche de sable indique d'ordinaire que la spoliation s'est
arrêtée à la surface et a respecté les profondeurs de la tombe. Aussi
quand ils eurent vu cette couche de sable prétendu vierge, leur facile
imagination conçut les plus grandes espérances et ils m'en firent part.
J'avais été déjà bien souvent désappointé, et j'avais pris la résolution de
ne plus former d'espérances, et, de tout ce qu'ils me disaient, je n'ad-
mettais qu'une chose, à savoir que dans leur vie passée tout entière à
opérer des fouilles dans la nécropole d'Abvdos, ils n'avaient jamais rien
rencontré de semblable ainsi qu'ils me l'avaient dit déjà à propos du
tombeau d'Aououapta et comme ils devaient me le répéter souvent en-
core. Bien m'en prit, car sous cette couche de sable où l'on ne trouva
pas un seul débris de poterie, un seul fragment de vase en pierre dure,
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