Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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94 NOUVELLES FOUILLES D'ABYBOS

quer la quatrième butte. Ce fut la période la plus difficile dénies fouilles,
celle où je ne trouvai absolument rien qui correspondît au but des
fouilles que j'avais entreprises et le désespoir commençait de m'envabir.
Tous les soirs du 23 janvier au 7 février, je n'avais qu'à répéler le même
mot en tête de mon journal : Rien trouvé aujourd'hui. Et malgré tout, il
me semblait entendre une voix qui me disait : Ne perds pas courage, tu
finiras par trouver. Et j'écoutai cette voix, et je résistai de mon mieux à
tous les conseils qui m'étaient donnés, je fis continuer avec une sorte
de sourde rage des travaux qui ne me donnaient absolument rien, pour
lesquels j'employai beaucoup d'hommes qu'il fallait payer au bout de la
semaine ! Mon entêtement fut supérieur à mes craintes et le 8 février
vint apporter une lueur d'espoir dans ce ciel sombre.

Mais, si pour ce qui regarde les objets, je n'avais absolument rien
trouvé, j'avais pu faire quelques constatations qui m'amenaient tout
doucement, il est vrai, à connaître l'époque à laquelle remontaient les
tombeaux, jusqu'au jour où la découverte des stèles royales vint me per-
mettre de formuler une hypothèse que je crois encore juste en ce mo-
ment. Aussi dois-je rendre compte des travaux que je dus faire exécuter
sous cette troisième butte, au sud et au nord, pour achever le plateau,
car au sud on voyait clairement qu'il y avait un tombeau au pied de la
quatrième butte, et comme les deux buttes, la seconde et la troisième,
étaient situées au sud-ouest du plateau, tout le nord restait à explorer.
C'est à quoi furent consacrés les deux semaines et les deux jours que
durèrent les travaux.

Le tombeau situé sous la troisième butte avait été complètement in-
cendié : cela fut visible dès qu'on fut arrivé à trouver les murs qui limi-
taient la tombe. Tout le revêtement de terre et le premier lit de briques,
quand ce revêtement n'existait pas, étaient cuits : certaines briques
étaient rouges, d'autres noircies par la fumée, tous signes que l'action
du feu avait existé en un certain jour. D'ailleurs la preuve de l'incendie
ne tarda pas à devenir manifeste. A mesure qu'on approclia du fond,
on découvrit du charbon de bois en quantité si considérable que, sans
exagération aucune, je puis dire qu'il y en avait au moins deux cents
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