Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D'AliVDOS yo

kilos. On pouvait parfaitement l'utiliser, et je dois dire qu'en effet je
l'utilisai : on en fit la cuisine pendant plus de quinze jours. Ce charbon
avait été fait comme on le fait encore aujourd'hui en France : on avait
allumé le feu qui avait dévoré le bois, mais comme, aussitôt l'incendie
allumé, on avait rempli le tombeau de sable, le feu avait couvé et le bois
s'était maintenu compact, réduit seulement de volume. Quelques parties
du tombeau avaient échappé à l'incendie qui n'était pas complètement
allumé : dans ces parties, on trouva des morceaux de bois vermoulu et
le crépissage déterre n'était pas cuit,ni par conséquent les briques sous
le crépissage. Or, d'où pouvait venir ce bois? Evidemment il était tra-
vaillé, car il avait été parfaitement égalisé, raboté comme on dirait ac-
tuellement, quoique les Egyptiens n'aient jamais connu le rabot. Sur
l'un des morceaux trouvés je crus même distinguer un tenon encore
attaché à la pièce de bois. Je dois dire ici que d'abord je conçus une
hypothèse d'après laquelle on aurait réuni en ce tombeau tous les cer-
cueils trouvés dans le voisinage et qu'on les avait brûlés ensemble.
J'ignorais encore complètement l'époque de ces sépultures, rien ne me
semblait impossible dans cette hypothèse et j'aurais eu l'explication de
ce fait, à savoir que je n'avais presque pas rencontré de cadavres dans
les tombes environnantes, puisqu'on les aurait brûlés en cet endroit.
.Mais cette hypothèse est inadmissible depuis que j'ai rencontré d'autres
tombeaux dans le même genre et que j'y ai constaté une chose que je ne
crois pas avoir jamais été constatée encore, à savoir que le tombeau
tout entier était pavé en bois, de telle sorte que le bois adhérait aux
quatre murs et que tout le terrain était recouvert comme d'un plancher.
La coutume est fort curieuse et comme l'Egypte n'a jamais passé pour
un pays où l'on pût trouver des planches de bois assez bonnes pour pou-
voir être travaillées et assez grandes pour pouvoir remplir la longueur
du tombeau,il me semble que la présence de ce bois était un signe évi-
dent de richesse.

Les indigènes donnaient une explication de la présence de ce charbon
qui est vraiment curieuse et que je rapporte ici parce qu'elle m'a été
dite par des Européens. Ils disaient d'abord n'avoir jamais rien vu de

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