Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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98 NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

supérieure avait été brisée. Il mesurait 0m,45 de diamètre en la partie
existante, avait une hauteur de 0m,50 environ et était très lourd. Il ne
portait aucune inscription et "avait été relégué au fond du tombeau, sans
doute à l'emplacement même où il s'était trouvé jadis. Je ne sais pas à
quoi avait pu servir ce vase énorme, dont je devais trouver plus lard un
second exemplaire portant cette fois-ci le nom de son propriétaire.

Pour achever l'exploration des autres tombeaux qui me restaient à
fouiller avant d'attaquer la quatrième butte, je n'en dirai absolument
rien autre chose qu'ils ressemblaient aux autres tombes dont j'ai déjà
décrit l'exploration pour le lecteur. Cependant, parmi les objets qu'on
rencontra, apparaissaient déjà des fils de bronze dont je ne m'expliquais
pas encore l'usage, et cela en assez grande quantité. Je devais l'appren-
dre bientôt, cet usage, et j'en parlerai en son lieu.

Telle est la manière dont furent explorés le plateau et les deuxième
et troisième buttes d'Om el-Ga'ab. Et maintenant avant de passer plus
loin, il me faut résoudre une question qui se pose d'elle-même et pour
la solution de laquelle j'ai en ce moment la presque totalité des éléments
nécessaires. Qui a dévasté la nécropole d'Om el-Ga'ab ?

La réponse à cette question ne semble pas trop difficile au premier
abord, mais cependant elle pourrait entraîner en de longs développe-
ments. Une double hypothèse semble d'abord pouvoir être admise : ou
ces tombeaux ont été spoliés et dévastés à une époque précédant noire
ère, ou ils l'ont été pendant notre ère. Le fait que j'ai fait observer plus
haut, à savoir que, sous une couche de pots cassés et de débris de toute
sorte, était une couche de ce sable que les indigènes appellent sable
vierge, semblait au premier coup d'oeil militer pour l'hypothèse que les
tombeaux ont été spoliés à une époque très ancienne, je veux dire anté-
rieure à notre ère. Or, une pareille spoliation n'aurait pu avoir lieu qu'à
une époque à laquelle on aurait pu la faire impunément, car si le culte
des morts n'était pas rendu quand les familles remontaient à une
antiquité trop reculée, ou même était abandonné quand la famille était
éteinte, cependant on poursuivait toujours les profanateurs de sépul-
tures et toujours dans la confession négative faite par devant Osiris et
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