Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 99

ses quarante-deux assesseurs par l'âme qui arrivait delà terre, il y avait
cette négation : je n'ai pas spolié les tombeaux. C'est donc pendant une
révolution politique, où il ne serait plus resté vestige d'autorité, que la
spoliation aurait pu avoir lieu, et nécessairement avant l'introduction
du christianisme dans la vallée du Nil. On pourrait peut-être penser à
la conquête assyrienne, ou mieux à la conquête persane, ou peut-être
même remonter encore plus haut, à un changement de dynastie quel-
conque s'étant fait avec des bouleversements politiques. On pourrait
aussi penser à ce que dit Ramsès II de l'état dans lequel il trouva les
lombes royales qui étaient dans la nécropole d'Abydos et au soin qu'il
prit de les l'aire restaurer, si l'on ne savait par avance d'une manière pé-
remptoire que de pareilles restaurations comportaient seulement parfois
la gravure des cartouches d'un roi sur un monument qui lui avait plu.
Dans ce cas, il faudrait admettre une double spoliation, la première
avant eu lieu sous la période ancienne de l'histoire d'Egypte, la seconde
ayant eu lieu sous la période chrétienne.

Mais cette hypothèse ne tient pas debout, si l'on veut bien se rappeler
que, dans le même tombeau où se trouvait la couche de sable dont il
vient d'être question, il y avait par dessous une couche inférieure de
tessons de poteries et de fragments de vases en pierre dure, que préci-
sément sur l'un de ces fragments il y avait des caractères grecs, que
dans le tombeau voisin on a trouvé aussi un fragment de vase avec des
caractères grecs mélangés à des caractères d'origine égyptienne, c'est-
à-dire avec des caractères emplmcs par les Coptes pour transcrire les
mots de leur langue. De plus, —je peux m'en servir déjà pour vider cette
question, quoique je ne l'aie trouvé que plus tard —; de plus, on a ren-
contré dans un tombeau voisin et appartenant à la même époque un frag-
ment de vase avec cette inscription : ICOANNHC, Jean. Du coupc'est bien
un nom chrétien, carje ne crois pas que les Juifs hellénisants se soient
trouvés en nombre dans la ville d'Abvdos à l'époque où s'est faite cette
sauvage dévastation. Par conséquent ce sont bien les chrétiens qui ont
fait cette vilaine œuvre, laquelle a duré des mois et des années. Après
avoir fait un exploit aussi agréable à Dieu, après avoir allumé l'incendie,
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