Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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100 NOUVELLES FOUILLES D'ABÏDOS

ils se sont servis de tisons ou de charbons à peine éteints pour écrire
leurs noms, dessiner leurs dessins grossiers sur les fragments de tout
ce qu'ils avaient brisé avec la fureur la plus idiote. Pauvres gens! ils
ont été bien coupables, leur fanatisme était aveugle et ils ne s'occu-
paient pas le moins du monde de l'intérêt que pouvaient offrir pour l'his-
toire de l'humanité les monuments qu'ils traitaient de la sorte. S'ils
n'eussent pas fait ainsi, j'aurais trouvé dans cette nécropole des objets
entiers qui auraient été admirables, qui auraient fait pousser des excla-
mations sonores et qui auraient démontré victorieusement que l'art hu-
main et l'industrie humaine raffinée sont évidemment plus anciens sur
notre globe qu'on se l'imagine. Fort heureusement d'ailleurs, les frag-
ments de ces vases ou de ces objets que j'ai pu ramasser suffisent à
faire la preuve, car ces fragments supposent des objets entiers.

Est-il possible de pousser plus loin encore l'élucidation de cette ques-
tion? Je le crois. Jusqu'au vi° siècle de notre ère, Abydos ne semble
pas avoir contenu un grand nombre de chrétiens : le culte officiel con-
tinuait toujours d'être célébré dans le temple d'Apollon, ainsi que le
nommaient les Coptes après les Grecs, c'est-à-dire dans le temple de
Séti I". Un nombreux clergé était encore attaché à ce temple, puis-
qu'au jour de la destruction il y eut meurtre de vingt-trois prêtres et de
sept hiérodules. Si la chose était ainsi pour le temple de Séti Ier, rien
n'empêche que le même fait ne se soit produit pour les autres temples
de la nécropole, notamment pour celui de Ramsès et pour le grand
temple d'Osiris. Or, nous savons tous ces détails d'une manière cer-
taine depuis trois ans, et je les savais pour ma part depuis bien plus
longtemps, car dans les fonds coptes de la Bibliothèque nationale et de
la Bibliotcca nazionale de Naples se trouvent des fragments de la Vie
d'un moine sur lequel doit retomber la plus grande part de la respon-
sabilité encourue par la destruction des édifices religieux d'Abydos. Ce
moine s'appelait Moyse et j'ai publié dans les Mémoires de la Mission
du Caire tous les fragments de sa Vie qui nous sont parvenus1. Cette

(1) E. Améliiieau, Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne aux iv«,
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