Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

Seite: 104
Zitierlink: i
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/amelineau1899bd1/0143
Lizenz: Creative Commons - Namensnennung - Weitergabe unter gleichen Bedingungen
facsimile
104 NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

gènes pendant mon absence. Les indigènes ne fouillent pas en effet
quand les fouilles exigent un grand nombre d'hommes et qu'il faut
transporter des quantités très grandes de sable et de débris, ici plusieurs
milliers de mètres cubes ; ils fouillent au contraire les tombes qui sont
en quelque sorte à fleur de terre, assurés qu'ils sont d'en avoir fini très
vite et de trouver des antiquités qui n'auront pas exigé grand travail,
s'il y en a, et leur flair les porte presque toujours aux endroits où leurs
peines peuvent être récompensées par d'heureuses trouvailles.

Je fis donc explorer d'abord les deux petits renflements situés au sud
de la quatrième butte et du grand plateau à l'ouest de cette butte. Le
premier avait une superficie d'environ 8.000 mètres carrés, le second
de 4.500 mètres carrés environ. Ces deux plateaux renflés étaient recou-
verts d'une couche peu épaisse à la vérité de ces tessons et poteries
rouges qui rendaient cette nécropole si aisément reconnaissable. Je lis
exécuter des sondages à un mètre environ de distance, de telle sorte que
rien ne me pouvait échapper. Partout les sondages révélèrent un terrain
vierge de toute œuvre humaine, et cela à une très petite profondeur.
Il n'y avait donc là aucune sépulture, pas même la plus petite qu'on
puisse imaginer d'une manière vraisemblable. Je pouvais donc aller de
l'avant.

Je fis faire un travail analogue du côté nord et du côté nord-ouest, et
partout dans les racines en quelque sorte de la colline on trouva absence
complète de tombeaux. Du côté nord-est, il existait quelques tombes et
ces tombes me donnèrent de précieuses indications. On trouva des
restes de bronze, des vases, un cône en terre avec des fibres de palmier,
orné avec des dessins qui paraissaient réguliers. Dans l'un de ces tom-
beaux je rencontrai un squelette qui n'était pas étendu sur le sol, mais
placé à la manière des momies péruviennes dans leurs vases : Le premier
os que l'on trouva était un os du fémur planté debout, puis le second
un os des bras assez écarté du premier, relevé au-dessus de la tête dans
le même sens. Cette fois, je ne pouvais plus douter du fait que mes
fouilleurs m'avaient signalé, les corps du premier plateau avaient
bien pu être dans cette position, puisque celui-ci s'y trouvait. Il n'y
loading ...