Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 105

avait pas trace de momification quelconque, les ossements étaient dans
le sable, adhéraient tellement au sable qu'il était quelquefois nécessaire
de les briser. Or, en ce moment même, M. de Morgan qui avait eu
l'amabilité de venir me voir à Abydos et d'accepter mon hospitalité, fit
faire pendant son séjour trois journées de fouilles au village d'EI-
'Amrah, situé au sud <TAbydos : il trouva des sépultures analogues, il
en avait trouvé précédemment à Toukh el-Gebel, et depuis mon départ
Mohammed-eflendi Daher en a trouvé d'autres semblables sur la rive
droite du Nil en faced'Abydos. M. Flinders Pétrie avait précédemment
trouvé des tombes semblables dans ses fouilles de Neggadeh. Donc,
sur plusieurs points de l'Egypte apparaissaient à la fois des sépultures
qu'on n'avait pas encore trouvées, qui, à première vue, remontaientà une
antiquité très reculée, quelle que soit d'ailleurs cette antiquité. On m'a
dit que M. Flinders Pétrie avait cru d'abord se trouver en présence de
sépultures de soldats étrangers à l'Egypte, sans doute de soldats mer-
cenaires. Il est évident à l'heure qu'il est que cette hypothèse n'est plus
admissible et même digne d'être sérieusement examinée, car, si la pré-
sence de ces soldats peut aisément s'expliquer à Neggadeh et aussi à
Abydès, elle reste inexplicable à El-'Amrah où il n'y avait point de for-
teresse, ni quoi que ce fût qui méritât une garde particulière, et sur-
tout sur la rive droite du Nil en face d'Abydos, où la montagne ne pré-
sente aucun interstice par lequel eut pu se produire une invasion de
nomades. Donc, il ne s'agit pas d une nécropole de soldats. Ceci écarté,
le champ se limite singulièrement et il se limitera encore plus à mesure
que nous allons avancer, caries monuments vont se produire en grand
nombre. Quoi qu'il en soit, on peut d'ores et déjà affirmer que, si ces
tombes n'appartenaient pas à une race étrangère, elles appartenaient
à une race autochtone, que cette race était assez avancée dans la civi-
lisation, puisqu'elle connaissait les métaux, qu'elle savait tailler les
pierres dures et l'ivoire, travailler et sculpter le bois d'ébône, faisant
déjà usage de l'écriture, était constituée en société puisqu'elle recon-
naissait des chefs, toutes choses fort utiles à connaître et qui étaient
prouvées par les monuments trouvés dans la nécropole d'Om el-Ga'ab.
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