Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D AIiYDOS "107

qui se trouvait au sud-est, au pied de la quatrième butte. Ce tombeau
nous fournit encore des fragments de vases en cristal de roche, en toute
espèce de pierres dures, dont Pun en calcaire était couvert de caractères
ayant l'apparence de caractères grecs, mais ne présentant aucun sens.
J'y trouvai aussi un morceau de bois d'ébène qui me semble avoir fait
partie d'un siège. Ce tombeau était également entièrement pavé en bois ;
il avait été aussi incendié avec une férocité sauvage et l'on avait jelé du
sable sur l'incendie allumé. Mais le feu fut arrêté dans son œuvre de des-
truction, ou du moins ne la fit pas complètement : il ne brûla que le mi-
lieu et des pièces de bois, encore assez volumineuses, purent échapper
à l'incendie. Elles étaient attachées les unes aux autres grâce à des fils
de cuivre encore passés dans des trous comme ceux que l'on fait pour
y placer des chevilles et j'en ai rapporté deux pour montrer cette attache
ingénieuse mais primitive. Le métal abondait en ce tombeau : j'y trou-
vai des spirales dont je n'ai pu découvrir l'usage. Cette même tombe
donna encore 324 pointes de flèches en silex, dentelées pour la plupart
et quelques-unes barbelées, toutes taillées avec le plus grand art. Elles
étaient fixées à des flèches en roseaux, malheureusement encore le feu
avait trop bien accompli son œuvre, quelques-unes cependant n'avaient
été que calcinées, mais dès qu'on voulut mettre la main dessus, elles
tombaient en poussière. 11 devait sans doute y avoir aussi des arcs ; mais
malgré les recherches attentives que je fis faire, on ne put rien découvrir
qui rappelât tant soit peu l'arc : le feu avait tout dévoré. Enfin je retrou-
vai encore des cônes comme ceux dont j'ai parlé, mais portant en plus
des ornements rappelant à s'y méprendre les bannières royales, ou ce
qu'on entend par bannières rovales, car elles étaient surmontées de

l'hiéroglyphe l'épervier, indice infaillible delà dignité de celui qui
pouvait le mettre au-dessus de son nom. Ce tombeau, orienté du nord au
sud. et sans porte toujours, mesurait S™,03 de longueur, sur 5"',75 de lar-
geur et 4™,95 de profondeur, ce qui donne le joli chiffre de 320 mètres
cubes de sable qu'on dût enlever, en comptant les deux mètres de pots
cassés qui recouvraient le tombeau. Au nord de ce tombeau il y en avait
d'autres qui fournirent des vases en terre rouge d'une forme nouvelle
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