Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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124 NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

pour la plupart sur les lieux et à nouveau enterrés. Ces fragments de
vases étaient beaucoup plus grossiers en général que ceux qui avaient
été trouvés dans les tombeaux d'alentour, soit que cette tombe fût
d'une époque bien antérieure, ce qui n'est guère vraisemblable, soit que
les spoliateurs aient surtout emporté les vases ouvragés et les aient
disséminés sur le plateau après les avoir brisés, ce qui est beaucoup
plus vraisemblable.

Toute la chambre était pavée en granit rose d'un grain très gros, et la
plupart des pierres énormes qui la composaient étaient encore en place.
Les spoliateurs avaient essayé de briser quelques-uns de ces blocs et
avaient réussi en partie : ils cherchaient sans doute des objets qui les
payassent de leur peine; n'en ayant pas rencontrés, ils brisèrent quel-
ques-uns des blocs, ce qui dut leur demander pas mal de peine et de
temps, en firent de tout petits morceaux qu'ils semèrent parmi les dé-
combres remplissant le tombeau. D'où pouvait venir ce granit ? évidem-
ment il ne venait pas des carrières d'Abydos, car la montagne de cette
ville au nord de la nécropole ne fournit que du grès. C'estdonc ailleurs
"qu'il faut chercher la provenance de ce granit. Les carrières de granit
ne sont pas si nombreuses en Egypte qu'on ne puisse parvenir à savoir,
si on la cherche, la provenance de ces blocs. Elles sont toutes situées
très loin d'Abydos, et par conséquent il fallait de la force et de la puis-
sance, d'abord pour faire venir ces blocs de l'endroit où on les avait pris,
puis pour les faire tailler par des ouvriers locaux, en admettant qu'ils
ne fussent pas venus tout taillés et prêts à être mis en œuvre. Gomme
ces blocs sont encore en place, que les murs en briques réposent sur
certains d'entre eux, que notamment le seuil de la porte est dans ce cas,
il faut avouer, ou que ce tombeau est tout entier d'une même époque et
que cette époque est celle où vivait le pharaon dont le nom de llor est
Den, ou bien qu'il a été complètement réparé, ce qui n'est pas vraisem-
blable, ou tout au moins ce qui serait surprenant ; et, si cette dernière
hypothèse était admise, alors il faudrait renoncera dater un seul monu-
ment, car tout ce qui a été recueilli dans ce tombeau vient se mettre à
la traverse d'une semblable hypothèse.Et ce n'est pas seulement le pavé
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