Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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134 NOUVELLES FOUILLES D'ÀBYDOS

officielles à la cour du Roi Serpent; mais la pluralité des stèles de femmes
ne me semble pas laisser de plausibilité à cette hypothèse. Les femmes
enterrées à côté de leurs maris ou ayant eu le grand honneur d'avoir un
tombeau particulier sont en très petit nombre durant tout l'Ancien
Empire : il est donc beaucoup plus vraisemblable de penser que les
femmes dont les stèles ont été rencontrées dans ce tombeau y avaient
été déposées, non parce qu'elles avaient exercé des fonctions regardées
alors comme élevées et supérieures dans la cour des rois, mais parce
qu'elles faisaient elles-mêmes partie de la famille royale, de près ou de
loin, plutôt de près que de loin. S'il en est ainsi, il n'y a aucune raison
de supposer a priori qu'il n'en a pas été de même pour les hommes dont
les sépultures étaient indiquées par les stèles trouvées en ce tombeau.
S'il en est ainsi, ces coutumes répondent en tout à ce que nous savons
des habitudes égyptiennes sous l'Ancien Empire, et de la sorte tout se
tient dans les coutumes funéraires de l'antique Egypte.

Outre les stèles qui viennent d'être mentionnées, on trouva d'autres
objets dans ce tombeau que je ne dois pas oublier ici. Tout d'abord,
presque à la surface du sol, à peine eut-on enlevé environ cinquante cen-
timètres de sable, on trouva une petite tète de statuette en bois d'ébène :
malheureusement cette statuette était bien loin d'être intacte et à peine
eut-elle été exposée aux rayons du soleil qu'elle se fendit et l'on a dù la
faire coller, et de tous petits éclats ont été à tout jamais perdus. Malgré
ces malheurs, je n'hésite pas à regarder cette tète comme l'une des
pièces les plus curieuses et des plus belles qu'il m'a été donné de trou-
ver au cours des fouilles de cette première campagne. De plus, outre
des fragments de vases en albâtre et en onyx, on trouva une quantité
assez considérable de grands pots remplis de matières graisseuses qui
seront déterminées plus loin scientifiquement, mais qui m'offrirent de
prime; abord le sujet d'une expérience authentique et sérieuse. Quelques-
uns de ces vases avaient été brisés et avaient laissé voir une matière
jaunâtre dans laquelle on enfonçait les doigts comme on l'aurait l'ail dans
du beurre. Vers deux ou trois heures de l'après-midi, je m'aperçus que
cette matière grasse avait fondu aux rayons du soleil qui était fort ardent
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