Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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156 rsOUVELLKS FOUILLES D'ABYDOS

au défunt pour lequel il dédiait la table d'offrandes dont il est ici ques-
tion. Par conséquent le premier des pronoms *~ se rapporte au roi Ou-
sortesen Ier et le second au roi Mentouhôtep VI. Evidemment la phrase
n'est pas aussi claire que nous pourrions le désirer ; mais il en est de
même dans toutes les langues à suffixes. Il y aurait un autre sens pos-
sible, à savoir que le pronom suffixe se rapportât à Osiris, désigné par
l'un de ses titres les plus fréquents; mais ce sens, quoique accepté le
plus généralement, ne me paraît pas susceptible d'être adopté pour la
même raison.

La seconde observation a trait à un point d'histoire. Faut-il prendre
le mot ■ qui veut dire père, dans son sens premier ou dans un sens
dérivé? Si I on veut prendre ce mot dans son sens premier, il faut dire
alors que le roi Ousortesen Ier avait pour père le roi Mentouhôlep do la
XIe dynastie, que, par conséquent, il ne saurait aucunement être le fils
du roi Amenemhât Ier. Si. au contraire, on lui donne un sens dérivé, de
piété dans l'espèce, on n'en peut tirer d'autre conclusion que la suivante :
le roi Ousortesen Ier, de la xnc dynastie, a rendu un hommage pieux'à l'un
de ses prédécesseurs. Pour ma part, je serais porté à croire que ni l'un ni
l'autre de ces deux sens ne peut être accepté exclusivement. A la vérité,
je ne crois pas que Mentouhôtep VI ait été le père d'Ousortesen Ier, car
nous savons par d'autres monumenls que la filiation d'Ousortesen Ier est
bien établie, qu'il était bien réellement le fils d'Ameneinhàt Iorqui l'avait
associé à la couronne en l'an XX de son règne, et je ne crois pas pos-
sible de révoquer en doute cette filiation. D'un autre côté, je ne crois
pas davantage qu'il ne faille voir dans la dédicace de cette table d'of-
frandes un acte de simple piété envers un mort. D'ailleurs, s'il en «tait
ainsi, il faudrait s<> demander comment un roi de la dynastie heureuse
et usurpatrice, pour employer le langage convenu, a pu faire un tel acte
en faveur du dernier roi de la dvnastie malheureuse et vaincue. Il fau-
drait donc reconnaître dans la XII1- des dynasties égyptiennes une huma-
nité et des sentiments qui ne sont guère de mise en semblable occur-
rence et admirer chez un roi de l'Egypte une conduite qui serait à peu
près restée singulière dans l'histoire de l'humanité. Le lait est que cette
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