Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D'AUYDOS 157

dédicace me semble jeter une lumière assez vive sur une histoire encore
mal connue. Si l'on examine les dernières histoires d'Egypte publiées
par des égvptologues, on voit qu'en 1880 l'avènement de la XIIe dynastie
égyptienne në s'était pas fait sans combat', et qu'en 1895, sans que l'on
ait découvert un seul texte nouveau sur la question, il y a doute sur la
question de savoir si Amenemhât avait usurpé la couronne ou l'avait
héritée légitimement, quoique la chose ne se soit pas faite sans révolu-
tion". La seule mention de ces paroles d'un même auteur me dispense
de dire que la question était obscure et non résolue, car il est difficile
de montrer plus d'incertitude et de contradiction ; désormais, il me
semble que l'on peut savoir à quoi s'en tenir. Le changement de gou-
vernement qui mit la XIIe à la place de la XI« dynastie égyptienne eût
lieu, selon moi, pacifiquement, ou, tout au moins, le souverain usurpa-
teur s'empressa d'épouser une fille de Mentouhôtep VI et de légitimer
ainsi son usurpation en assurant au fils né de cette union le trône dis-
puté de L'Egypte, et cela au détriment des autres princes qu'il avait eus
avant cette dernière et royale union. On comprend dès lors facilement
comment Ousorlesen 1er a pu dédier une table d'offrandes à sonpèrehLen-
touhôtep VI et comment il l'avait placée dans un lieu que la piété des
Égyptiens distinguait entre tous pour le souvenir des aïeux ayant rendu
des services immenses aux premières sociétés égyptiennes.

A côté de cette première table d'offrandes en est une seconde, trou-
vée dans les mêmes conditions dans la première butte d'Oui el-Ga'ab;
mais autant la première est riche, autant la seconde est pauvre et misé-
rable. Elle est en calcaire, de très petites dimensions, dans la forme
ordinaire, à peine dégrossie de L'hiéroglyphe ==3=. Je n'en dis pas plus
long, parce qu'elle ne me semble mériter aucune attention. Évidemment,
c'était l'œuvre d'un ouvriertrès malhabile,employé par une famille très
pauvre, laquelle n'avait pas moyen de dépenser beaucoup pour les
œuvres de piété, mais qui avait cependant voulu laisser un souvenir aux
ancêtres enterrés dans la nécropole d'Om el-Ga'ab.

(1) Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient, 4« éd., p. '.)4.

(2) Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient classique, t. I, p. 462-463.
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