Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

Seite: 158
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158 NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

Une troisième el dernière table d'offrandes fut rencontrée dans la
grande butte d'Om el-Ga'ab, restée inachevée. Elle est d'une beauté
remarquable, mais malheureusement incomplète, l'humidité du sable
ayant rongé toute une partie du monument, fait tomber des plaques de
calcaire avec la décoration et les caractères qui les recouvraient. Cepen-
dant il en reste encore une bonne partie. La pierre avait été taillée rec-
tangulairement, sauf que dans la partie antérieure, au milieu, on avait
ménagé une légère avancée afin de placer la rigole par laquelle devait
s'écouler l'eau ou le sang du sacrifice. La pierre avait été recouverte
dans la partie supérieure d'une teinte café-au-lait un peu foncée, cepen-
dant n'allant pas jusqu'à la couleur chocolat. Tout le pourtour avait éga-
lement été traité de la sorte : seule, la partie inférieure, qui devait être
placée à plat sur le sol, avait été laissée dans son état naturel. La partie
supérieure contenait dans sa décoration, très fine, très délicate et même
un peu mièvre de facture, des représentations des offrandes ordinaires.
Parmi elles, on reconnaît encore des oies troussées, des côtelettes, une
tête de veau, un ou deux vases, etc. Toutes ces offrandes étaient repré-
sentées dans la partie médiane, autour de laquelle était la rigole servant
à l'écoulement de l'eau. Puis encadrant la rigole était un double pros-
cynème dont on distingue encore la première ligne. La partie avancée
était presque aussi longue que large. Sur la partie tout à fait anté-
rieure de la partie avancée on avait représenté l'eau venant de la
rigole signifiée sur la table et tombant en gros filets: de chaque côté,
est un oiseau à tète humaine, symbole de l ame, monté sur des jambes
d echassiers et tendant avec délices les mains qui lui sortent des ailes à
leur naissance vers l'eau abondante qui découle. C'est un joli morceau
d'art, finement exécuté, plus finement imaginé encore. Le côté droit a
disparu; au contraire, la décoration du côté gauche est complète, à peu
de chose près. Elle représente un défunt assis sur un fauteuil, sous
lequel est un grand vase, devant une table chargée d'offrandes de toutes
sortes et sous laquelle sont les vases enguirlandés si connus. La légende
du défunt est effacée ou à peu près, mais derrière lui se voient et peuvent
se lire trois lignes verticales contenant ce qui va suivre. Devant le dé-
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