Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

santé qu'on lui voit encore en Egypte lorsqu'il est posé à terre. La tête
et le bec sont absents : on a cependant retrouvé une partie du bec de
l'oiseau. La tête était surmontée de la coiffure royale nommée peschent;
mais cette coiffure n'a pas été retrouvée intacte, ni entière, La poitrine
de l'oiseau était recouverte d'une feuille d'or, et sans doute l'oiseau
tout entier. Les ailes conservent encore, par endroits, la couleur bleue
dont on les avait peintes; sur cette couleur, j'ai trouvé une toile légère
qui avait servi à envelopper l'oiseau, ou qui se trouvait là je ne sais
comment. La coiffure avait la couleur spéciale à chaque couronne com-
posante, rouge pour la couronne rouge, blanche pour la couronne
blanche ; mais cette dernière avait été recouverte d'une feuille d'or.
Cette feuille d'or était assez épaisse : elle avait été appliquée solide-
ment, puisqu'elle est restée jusqu'à nos jours en certaines parties. Je
serais assez porté à croire que la couronne rouge avait aussi été recou-
verte d'une feuille d'or, et de même que tout l'oiseau avait été doré, on
ne s'expliquerait pas comment le devant de l'oiseau et sa coiffure l'au-
raient été, si l'oiseau tout entier ne l'avait pas été? Pour moi, cet éper-
vier était l'épervier d'or dont parlent les textes, cet épervier brillant

dont on avait fait le synonyme d'épervier vainqueur ; mais le pjMjfr corres-
pondait à une chose réelle, sinon dans la nature, du moins dans l'art
égyptien et ce n'était pas purement une figure de style, comme on se-
rait tenté de le croire, d'après certains travaux récents 1.

Cette oeuvre magistrale de l'art égyptien n'aurait pas été complète si
l'on n'y eût gravé quelque inscription. Elle en a donc, et, autant que je
puis croire, plusieurs. Ces diverses inscriptions sont placées sur le socle,

(l)«Le sens de ce groupe qu'on a traduit longtemps par Y épervier d'or, Vépervier étin-
celant, a été déterminé pour la première fois avec certitude par Brugsch, d'après un
passage d'une inscription démotique de Philae (Brugsch, Ueber Einstimmung einer hie-
roglyphischen lnschrifl von Phil.r, mit detn griechischen and demotischen Aufgangs, texte
des Dekretes von Hoselte, p. 13-14). Adoptée par K. de Rougé[Étude sur une stèle égyp-
tienne appartenant à la Bibliothèque impériale, p. 21-27), l'interprétation de Brugsch a
prévalu depuis dans toute l'école (Brugsch, Die MgptOftogÛ,p, 202), bien qu'on emploie
encore souvent par habitude la traduction littérale des signes, le Jlorus d'or » (Mas-
pero, Histoire des peuples de l'Orient classique, t. I, p. 202, n. 1). Uest malheureux que
ce monument ne confirme pas cette traduction si bien appuyée.
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