Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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190 NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS

ambition sera de beaucoup,et pour cause, plus humble et plus restreinte :
je me contenterai de décrire les divers types des poteries que j'ai trou-
vées et de faire quelques rapprochements intéressant l'histoire générale
de la poterie, toutes les fois que cela me sera possible. Je commencerai
parles plus humbles spécimens de l'antique industrie. Je ne parle ici
que des poteries en terre grossière trouvées dans les tombes d'Om cl-
Ga'ab.

Tout d'abord ces poteries se divisent d'elles-mêmes en deux grandes
classes, non pas intrinsèquement, mais seulement au point de vue égyp-
tologique, selon qu'elles n'ont pas d'inscription, ou qu'elles ont au
contraire une inscription, si petite soit-elle. Je commencerai par la
description des moins parfaits et des plus grossiers et je finirai par
celle des mieux venus en chaque catégorie. Tous les vases les plus
grossiers et même presque tous ceux de la première catégorie ont été
trouvés sur le plateau qui s'étendait entre la première et la seconde
butte d'Om el-Ga'ab.

Tout d'abord j'ai trouvé des vases en forme d'assiette, ou de soucoupe
avec un pied à peine indiqué en terre non cuite : ils avaient été façon-
nés tout à fait irrégulièrement : j'en ai rapporté quatre ou Cinq, tous de
même matière et de même façon. Cette matière semblait du limon
du Nil. Malgré la grossièreté de ces vases, ils indiquaient cependant
une certaine habileté, et c'est sans doute à la cuisson qu'ils se défor-
maient, car la cuisson demande une somme de connaissances usuelles
qu'il n'était, peut-être pas trop facile de posséder à cette époque. Après
ces écuelles ou soucoupes à pied et en terre non cuite, sont venues
d'autres écuelles toujours en usage, non seulement en Egypte, mais sans
doute encore dans nos pays d'Europe. Elles n'ont point de pied et le
fond en est rond comme celui de nos rince-bouche, ou plat comme celui
de nos écuelles. Les premières sont grossières, en terre rouge et la cou-
leur rouge doit provenir d'un sel quelconque ayant la propriété de faire
paraître cette couleur dans le vernissage de la poterie; la cuisson les a
déformés et ils sont tous biscornus : le fond en est mal assis pour la
même raison, et je crois volontiers qu'ils ont été laits à la main sans
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