Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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XOrVELLES FOUILLES D ABYDOS 203

cause ou pour une autre, soit par suite d'un défaut clans la pierre ou
par manque d'habileté, en vintà rompre le vase qui avait déjà à peu près
acquis sa beauté et sa forme : alors, sans se décourager et sans se
laisser arrêter par une fausse honte, il prenait bravement le morceau et
le collait à la place voulue avec une sorte de ciment. Ces vases ont été
trouvés ainsi raccommodés. Et plus encore, lorsque le morceau éclaté
ou brisé ne pouvait pas boucher entièrement le trou fait par la cassure
ou l'éclat, on n'y regardait pas à deux fois, on prenait des morceaux qui
n'avaient ni le même angle, ni la même épaisseur et on les collait bon
gré mal gré, au vase que l'on voulait achever à tout prix. Le vase qui
occupe le milieu de la rangée moyenne de la planche XXVI offre un spé-
cimen des raccommodages de la première manière : je ne peux citer
d'exemple de la seconde manière, parce que le raccommodage était au
fond du vase et qu'il ne se voit pas dans la phototypie. Ce vase était
intact quand je l'ai trouvé; il était collé avec cette sorte de ciment dont
je parlais tout à l'heure; pendant le voyage, le ciment s'est détaché,
mais les pièces sont restées dans le vase et je les ai fait rattacher par un
ouvrier spécial en remettant au fond le ciment ancien qui était de peu
d'épaisseur.

On serait heureux de savoir comment les ouvriers de cette époque s'y
prenaient pour pouvoir creuser ces vases avec tant de précision, surtout
dans les vases à col étroit et à large panse : rien ne vient malheureuse-
ment nous instruire à ce sujet. Pour certains vases, ils pouvaient se
servir de silex; mais pour certains autres, l'usage du silex était complè-
tement impossible. De plus on voit en certains cas les traces du creu-
sement en petits cercles concentriques, si bien qu'on est amené à penser,
comme M. Flinders Pétrie', que les ouvriers de ce temps là connais-
saient l'usage du diamant et du violon. De quelque manière qu'ils s'y
prissent d'ailleurs, il est certain que quelques-uns de leurs vases ont en
certaines parties un millimètre ou deux d'épaisseur, ce qui ne manquera
pas de paraître surprenant et admirable. Les formes de ces vases sont
ou l'écuelle, ou l'assiette à large diamètre. Les ouvriers de l'Egypte se

(1) Flinilors Pétri*, Thepjramid* nf Gixek.
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