Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D AHYDOS 2l3

des plus drôles, car le pouce semble avoir ainsi une longueur extraor-
dinaire. Dans le fragment de la planche XXVIII le bras semble en plus
sortir d'une sorte de coiffure que je n'ai jamais vue et qui ne manquera
pas de surprendre les archéologues, car la figure n'apparaît pas. Un
pointau milieu de celle sorte de perruque semble représenter l'oreille ;
mais je ne vois pas trop comment l'oreille pourrait paraître lorsque
toute la figure est cachée. Comme ces fragments pourraient n'être pas
assez distincts et surtout pas assez grands dans les planches du volume,
je les ai fait dessiner à part et je les donne ici.

Tels sont ces fragments de vases recueillis à Om el-Ga'ab : jusqu'à
présent, ils sont uniques au monde et parlent d'un art complètement
nouveau. Ils prouvent d'une manière péremploire que dès lors on avait
l'amour de la décoration, qu'on s'ingéniait à trouver des sujets déco-
ratifs, qu'il y avait des types de décoration reçus et pratiqués, car il n'y
a peut-être pas un seul de ces fragments qui n'ait son pareil, que les
motifs de la décoration étaient pris dans les choses de la nature, dans
tout ce que les hommes de ce temps avaient sous les yeux; ou dans les
choses les plus simples que se pouvait représenter leur imagination.
De plus, l'industrie de ces mêmes hommes était à la hauteur de leur art :
ils pouvaient tailler, polir les pierres les plus dures avec une sûreté très
grande et s'il leur arrivait malheur, ils y remédiaient bravement autant
que Cela leur était possible, et leur travail en cela était si bon que les
œuvres rapiécées nous sont parvenues à travers les siècles. Si quel-
ques-unes des formes qu'ils ont employées sont insolites et nous sem-
blent bizarres, si nous n'en voyons pas L'utilité pratique, cela dépend
de ce que nous jugeons avec d'autres pensées, mais non point de ce
qu'ils n'étaient pas habiles ou intelligents.

Il serait sans doute très utile de savoir l'origine des pierres employées
par les Egyptiens pour la confection de leurs vases. Cette origine peut
être établie pour un certain nombre de pierres dures, comme l'albâtre,
l'pnyx peut-être, le porphyre, mais pour les marbres, la diorite, les di-
verses pierres calcaires, cela n'est plus aussi facile. Les savants ne man-
queront pas de rechercher si l'Egypte pouvait avoir ces pierres. Quanta
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