Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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NOUVELLES FOUILLES D'ABYDOS 231

pitre relatif à El-'Amrah. Ce paragraphe sera donc forcément très court.

Les objets en bois sculpté sont très peu nombreux et étaient tous en
bois d'ébène. Tout d'abord il y a la petite tôle de statuette en bois qui
est représentée à la planche XXXI, numéro I de la rangée inférieure.
Cette tête a été trouvée, je le rappelle, dans le même tombeau (pie la
stèle du roi que j'ai appelé le roi Serpent. Elle était intacte au moment
où elle fut découverte, mais à peine fut-elle à l'air pendant une heure
ou deux qu'elle se fendit, et depuis elle s'est fendue deux ou trois fois
en sens longitudinal. Cette tète me semble une merveille de sculpture
primitive : non-seulement l'artiste avait pris un soin spécial et minu-
tieux de représenter les parties saillantes de la figure, mais il avait ap-
porté le même soin à toutes les parties du corps qui avaient été repré-
sentées dans la statuette ; c est ce (pie nouspouvons conclure des parties
qui nous ont été conservées. La tête est entière et la statuette descend
jusqu'au-dessous des seins. C'est une statuette de femme et de femme à
type nubien : tous ceux qui l'examineront seront, je crois, de cet avis.
Le front est assez bas, la figure est anguleuse, les yeux petits, les pom-
mettes saillantes, le nez légèrement épaté, la bouche large, les lèvres
épaisses. Le cou n'a rien de particulièrement remarquable. Les épaules
sont osseuses et les seins proéminents : les bras tombaient le long du
corps, autant qu'on en peut juger par ce qui en reste. La partie posté-
rieure était aussi remarquablement travaillée. On sent que la taille de
celte femme était cambrée, car les lignes du dos l'annoncent. La cheve-
lure était traitée de main de maître : elle était partagée en nombreuses
petites tresses qui partaient du front et linisssaienl sur le cou : toutes
ces tresses sont marquées et se terminent en tire-bouchon, comme ac-
tuellement encore la coiffure des Hischaris. 11 est très regrettable (pie
la statuette n'ait pas été entière : malgré toutes les recherches (pie j'ai
fait faire on ne put en retrouver la partie absente. Ce qu'il en reste suffit
a montrer (pie l'artiste qui l'exécuta savait son métier, cl le fait qu'elle
fut trouvée dans le même tombeau (pie la stèle du roi Serpent, stèle
sculptée avec autant de bonheur que d'habileté suffit pour montrer que
l'on savait à celte époque faire des œuvres artistiques au premier chef.
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