Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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MOl'YELLES FOUILLES D'ABYDOS

Le plus simple examen convaincra les personnes compétentes que la
gravure de ces stèles a employé des caractères inconnus ou ayant une
l'orme nouvelle. Les monuments écrits connus jusqu'ici — ils remon-
tent à la IIIe dynastie et peut-être même à la IIe — emploient des signes
qui reviennent à chaque instant dans les inscriptions analogues que les
monuments nous l'ont connaître : ici nous avons des caractères qui ne se
retrouvent nulle autre part sur un monument connu. J'ai parcouru toute
la série des textes des pyramides, je n'y ai rencontré nulle part certains
signes, ou ce qui est encore plus fort, je crois, certaines formes de
signes. Il est vrai qu'on peut m'objecter avec assez d'apparente raison
que cela ne prouve rien; mais, cependant cela prouve tout au moins
qu'ils n'ont pas été employés plus tard ou à une époque contemporaine.
Si l'on veut en plus se donner la peine d'examiner comment sont dis-
posés les signes de ces inscriptions, on verra facilement que l'arrange-
ment est à peu près le même que celui des célèbres panneaux de Hosi
qui remontent peut-être à la seconde, qui sont au moins de la IIIe dy-
nastie. De plus encore, si l'on examine la manière dont sont faits les
signes, la première idée qui vient à l'esprit, c'est que ces signes sont
d'une facture primitive, que les graveurs qui les ont gravés n'étaient
pas fort habiles dans leur art, qu'ils ne savaient pas trop comment s'y
prendre pour tracer le contour des objets qu'ils avaient à représenter.
M. Maspero a dit que c'étaient des ouvriers malhabiles qui avaient
gravé ces stèles ; évidemment ils étaient malhabiles, personne ne le
conteste. Mais il y a maladresse et maladresse, et il existe dans une
œuvre, n'importe laquelle, des caractères qui montrent si cette œuvre a
été faite à une époque d'art avancé par un ouvrier malhabile, ou si au
contraire cette œuvre est archaïque et faite par un ouvrier malhabile à
la vérité, mais qui savait déjà plus et mieux faire que ses Contemporains,
des caractères qui font prévoir les progrès futurs et auxquels on ne se
trompe pas. Les fragments de dessins laissés par les Copies qui ont dé-
vasté la nécropole d'Om el-Ga'ab sont aussi mal laits qu'on peut le dé-
sirer, mais personne, j'imagine, ne sera (enté de les confondre avec les
stèles dont je parle. En outre, pour attribuer ces stèles à la XIe dynastie
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