Amélineau, Emile  
Les nouvelles fouilles d'Abydos - Mission Amélineau: compte rendu in extenso des fouilles, description des monuments et objets découverts (Band 1): 1895 - 1896 — Paris, 1899

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-i2 NOUVELLES FOUILLES D*ABYDOS

pour elle et il faudrait plaindre sincèrement les apprentis sculpteurs
qui n'auraient pas eu d'autre modèle que celui-là.

Une dernière observation qui me semble très importante doit être
faite ici, à savoir que l'art archaïque décelé par ces stèles n'est pas le
moins du monde semblable à ce que nous connaissons de l'art égyptien,
ou du moins qu'il y a de notables différences. Je me contenterai de faire
loucher du doigt l'une de ces différences, parce qu'elle est typique. Le
numéro 1 de la planche XXXVII, rangée inférieure, le numéro 1 de la
même planche, rangée supérieure, le numéro 3 de la planche XXXVI,
rangée supérieure, le numéro 4 de la rangée supérieure de la plan-
che XXXV nous montrent des hommes représentés sans doute comme
des déterminatifs des noms d'hommes qui précèdent : certains de ces
hommes sont debout, d'autres accroupis. Ceux-ci ne nous offrent au-
cune matière à observation. Ceux qui sont debout au contraire ne sont
point dans l'attitude purement égyptienne, que des critiques peu pro-
fonds ont nommée hiératique, un mot qui pour eux explique tout parce
qu'il ne veut rien dire; ils ont une tout autre altitude, ils marchent, sans
avoir les jambes placées sur la même ligne, quoique déjà l'on seule que
cette attitude viendra. Ils ont en outre les jambes peu proportionnées au
reste du corps, les pieds tournés en dedans, comme on représentera
plus tard les nains; mais ils sont trop grands pour des nains et il serait
il ailleurs bien difficile d'admettre qu'il y eût un nombre relativement si
considérable de nains faisant partie de familles royales, enterrés avec
les rois et ayant reçu les honneurs peu ordinaires d'une stèle funéraire!.
Cetle observation nous ramène donc à une conclusion identique à celle;
que j'ai déjà tirée des remarques précédentes, elle nous parle d'une
époque où les artistes égyptiens n'étaient pas maîtres de leur art, d'une
période archaïque, en un mot, et tout cet ensemble de conclusions doit
peser dans la balance du jugement final. Je dois ajouter aussi qu'à côté
des hommes et des femmes qui servent de déterminatifs, il y a des
chiens, que sans doute ces chiens ont eu leurs stèles comme les autres
membres de la famille, ce qui nous reporte à une époque de civilisation
tout à fait primitive, car il n'v a nulle ressemblance avec les stèles de la
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